Ace Attorney

Derrière ce titre sans doute énigmatique pour certains, se cache une série de jeux vidéo qui récolte l’admiration de beaucoup de joueurs du monde entier depuis plus de dix ans. La vérité, c’est que je fais partie de ces personnes qui ont été totalement conquises par ces œuvres qui savent à la fois surprendre et émouvoir. À travers ces quelques lignes, j’espère pouvoir vous transmettre un peu de l’amour que je porte à ces avocats fictifs, héros d’une saga vraiment pas comme les autres.


« Un instant ! »

Phoenix Wright, avocat de la défense
Phoenix Wright, avocat de la défense.

Particulièrement populaire au Japon, la série des Ace Attorney, développée par Capcom, a toujours été plutôt timide en Europe : il a fallu environ cinq ans avant que le premier jeu soit traduit en français ; alors que les trois derniers titres n’ont même jamais eu cette chance. Il n’est donc pas surprenant de constater que beaucoup ignorent l’existence de la figure emblématique qu’est Phoenix Wright, avocat de la défense et personnage principal de la plupart des opus (cf. image).

C’est en 2001 que sort, au pays du Soleil-Levant, « Phoenix Wright : Ace Attorney » sur Game Boy Advance, la première aventure d’un bleu du système judiciaire. Vous y incarnez un homme qui vient de recevoir son badge d’avocat, et qui se retrouve parachuté dans un procès initiatique, premier maillon d’une longue série d’événements dramatiques.

« Pas si vite ! »

Il est toutefois important de préciser que si lesdits événements sont, en effet, souvent graves et sérieux (on parle tout le temps de meurtre), le soft sait aborder le tout avec énormément d’humour. Les personnages cocasses et leurs répliques absurdes vous décrochent presque à chaque fois un sourire. Les épisodes jouent d’ailleurs très souvent la carte des blagues à répétition : le détective attachant mais un peu bête qui voit son salaire diminuer à chaque bourde de sa part ; ou certains protagonistes qui débattent sur la différence entre un escabot et une échelle. Les individus de ces histoires possèdent une façon de parler, des accents, expressions ou mimiques qui les rendent uniques. Tant et si bien qu’il est généralement aisé de reconnaître quelqu’un sans apercevoir sa silhouette.

Les répliques touchent toujours juste
Les répliques touchent toujours juste.

La prouesse est d’autant plus notable que la totalité des dialogues de tous les opus est entièrement écrite. Il est donc indispensable d’apprécier la lecture, puisque, souvent, votre interaction avec le jeu se limitera à appuyer sur le bouton « A » pour faire défiler du texte. Certains joueurs s’accordent parfois à dire que ces œuvres tiennent plus du roman interactif que du jeu vidéo. Et, au final, qu’ils aient raison ou non importe peu, tant que le plaisir est au rendez-vous.

« Eureka ! »

Être un avocat de la défense, c’est certes aimer lire, mais c’est aussi et surtout réfléchir. Beaucoup. Très souvent. Chaque volet de la saga (ou presque) divise son gameplay en deux parties égales : l’enquête et le procès.

Dans la première phase, on reçoit un client qui est accusé de meurtre, et on récolte des indices et des témoignages sur la scène du crime. Le but principal est de remplir un dossier avec le plus d’évidences possible, afin de pouvoir, par la suite, s’en servir pour prouver l’innocence de l’accusé.

L'un des procureurs de la série.
L’un des procureurs de la série : Klavier Gavin.

S’ensuit le procès qui oppose notre avocat à un procureur, souvent représenté comme le méchant très complexe de l’histoire. Ce dernier appelle témoin après témoin qu’il va falloir « contre-interroger ». En effet, chacun d’entre eux proposera un témoignage en plusieurs parties qu’il sera possible d’avancer, rembobiner ou mettre sur pause ; l’objectif étant de trouver une contradiction dans ces aveux souvent erronés. Et c’est ici que le stress et le plaisir s’installent. Imaginez : votre témoin affirme que, lors de son accident de voiture qui a coûté la vie à sa sœur, il a ouvert la portière droite depuis le siège avant du passager ; or, vous disposez d’un article de journal qui relate les faits, en indiquant que l’automobile était britannique…

« Objection ! »

« Ace Attorney : Phoenix Wright – Trials and Tribulations », troisième volet de la saga.
« Ace Attorney : Phoenix Wright – Trials and Tribulations », troisième volet de la saga.

Lorsque le dénouement d’un procès approche, on assiste presque toujours à des retournements de situations tout simplement magistraux. Les scénaristes arrivent sans cesse à surprendre le joueur, sans lui donner l’impression que la clé de l’histoire vient de sortir d’un chapeau (ou d’une culotte) magique. Plus incroyable encore est la capacité de ces auteurs à lier toutes les enquêtes entre elles, alors qu’on était persuadé que chaque événement se séparait du reste de la narration. La palme revient sans doute au troisième volet (« Ace Attorney : Phoenix Wright – Trials and Tribulations » – cf. image) qui réussit l’exploit incroyable, dans sa dernière enquête, non seulement de faire référence au début du jeu, mais également aux deux premiers opus (« Phoenix Wright : Ace Attorney » et « Ace Attorney : Phoenix Wright – Justice for All »), formant ainsi l’un des meilleurs scénarios pour une trilogie vidéoludique.

Maya Fey, assistante de Phoenix Wright
Maya Fey, assistante de Phoenix Wright

Et soyez sûrs que les thèmes abordés surprennent : les meurtres, fausses identités et fabrication de preuves côtoient certains sujets totalement originaux, comme le spiritisme. Les influences et références japonaises sont d’ailleurs omniprésentes ; en particulier à travers l’un des personnages principaux, Maya Fey (cf. image), assistante de Phoenix Wright, et apprentie médium. On a souvent de la peine à réellement situer le pays dans lequel se trouvent nos héros ; même si la plupart des clins d’œil, ainsi que le système judiciaire employé dénotent du mode de vie américain, on n’est jamais très loin d’un petit village ou d’un temple nippon, caché dans une montagne.

« Prends ça ! »

Chaque Ace Attorney est une expérience unique que je ne peux que vous conseiller de tenter (si ce n’est pas déjà fait). Le moindre détail est peaufiné pour une immersion totale. Certes, la patte graphique peut étonner, et la quantité de lecture intimider, mais c’est à travers la qualité de son scénario, sa bande-son accrocheuse et sa capacité à faire fonctionner tous vos neurones que cette saga, belle et intéressante, vous captivera de bout en bout.

Thomario

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