Le speedrun #1: C’est quoi le speedrun ?

Bienvenue chez les gens qui aiment faire les choses vite, et bien. Aujourd’hui, nous allons parler de… « speedrun » ! Ne vous inquiétez pas, on va y aller étape par étape, cette chronique sera entièrement dédiée à l’explication des fondamentaux de ce qu’est un speedrun, ses attraits, son essence et son lexique.

Bien ! Commençons donc par une approche purement linguistique, j’imagine que les plus perspicaces d’entre vous ont déjà compris…

Mirror’s Edge (2008) – Electronic Arts
Mirror’s Edge (2008) – Electronic Arts

Speed et run viennent tous deux de l’anglais, signifiant respectivement ‘vitesse’ et ‘course’, par conséquent, la traduction littérale de speedrun est la suivante : « Course de vitesse » (Pas très glamour, je vous l’accorde). Appliquée au monde du jeu vidéo, cette course de vitesse consiste à atteindre un objectif le plus rapidement possible, tel que battre un boss particulier, obtenir des objets spécifiques ou tout simplement défaire le boss final d’un jeu.

Vous voulez en savoir plus ? Très bien ! Alors laissez-moi vous introduire à la magie du speedrun… Avez-vous déjà été tellement pris par un jeu que vous l’avez complété de bout en bout ? Que vous cherchiez des alternatives pour vous amuser encore et encore sur cet univers qui vous en a mis plein les mirettes ? Et bien figurez-vous que c’est comme ça que le speedrun est né. Les précurseurs du genre sont allés encore plus loin que vous dans cette démarche et ont créé, probablement sans le savoir à l’époque, une discipline qui se popularise de plus en plus. Ne sachant plus que faire sur leur jeu fétiche, et n’ayant aucune envie d’en changer, ils ont commencé à explorer ses faiblesses, s’imposer des contraintes et même se chronométrer dans son accomplissement.

Super Metroid (1994) – Nintendo
Super Metroid (1994) – Nintendo

Alors tout ça c’est bien joli, mais à quoi bon chronométrer sa performance si on n’a pas de point de comparaison ? C’est pour cette raison que des groupuscules d’afficionados plus déterminés les uns que les autres se sont formés pour comparer leurs temps de jeu. (Tout cela avec vidéo à l’appui bien sûr, parce que sinon on peut mentir et mentir c’est pas bien). Au-delà de ça, ces fans acharnés partageaient même leurs techniques secrètes pour optimiser leurs « courses », plus communément appelées « runs ». Et vous verrez au fil de cette chronique que ces techniques de speedrun peuvent aller loin, très loin. Cette communauté s’est étoffée au fil du temps, ralliant de plus en plus de membres et de jeux, chaque membre n’ayant généralement pas plus de quelques jeux « runnés » à son actif. Si bien qu’aujourd’hui, vous pouvez être sûrs que si un jeu existe, son speedrun existe aussi, souvent avec une communauté plus ou moins grande lui étant associé.

Awesome Games Done Quick (AGDQ, 2015)
Awesome Games Done Quick (AGDQ, 2015)

Après avoir longtemps été réservée à quelques initiés, la pratique du speedrun s’est trouvé un public de gens qui, bien souvent, ne sont pas eux-mêmes « runners » et ce public s’étend de jours en jours. Pourquoi ?  Et bien tout simplement parce que c’est (vraiment) beau à regarder. Il n’y a rien de plus jouissif (objectivité, quand tu nous tiens…) que d’être spectateur d’un speedrun bien éxecuté, poussant un jeu auquel on a joué jusqu’à la limite de ses capacités. Croyez-moi, vous n’en reviendrez pas de ce que les runners sont capables de faire subir à un jeu vidéo, aussi bien programmé soit-il. C’est là qu’est toute la beauté d’un speedrun… si l’on comprend ce qui se passe à l’écran. Malheureusement, sans une introduction en bonne et due forme à cet univers, il est difficile d’en saisir les aspects techniques. Mais ne vous en faites pas, cette chronique est là pour vous y aider. (J’y mets du cœur en tous cas !)

Avant toutes choses, il faut savoir que le speedrun ne consiste pas simplement à terminer un jeu de manière « réglo’ », loin de là. Un petit exemple sur un jeu que vous connaissez probablement vous permettra d’y voir plus clair, que vous y ayez joué ou non. L’incontournable « Zelda : Ocarina Of Time » sorti sur Nintendo 64 en 1998.

The legend of Zelda : Ocarina Of Time (1998) – Nintendo
The legend of Zelda : Ocarina Of Time (1998) – Nintendo

En combien de temps pensez-vous que le jeu puisse être terminé le plus rapidement possible ? Ceux qui le connaissent seront d’accord pour dire que le nombre de choses à faire avant de battre ce bon vieux Ganondorf (ouais c’est le boss final, spoil) est tout de même conséquent. Quelques heures ne suffisent donc pas aux joueurs lambda que nous sommes pour finir ce jeu très dense. Le temps nécessaire dit « normal » avant de finir « Zelda : OoT » est à estimer entre 25 et 30 heures pour une première fois (sans préliminaires). On pourrait alors se dire qu’un bon joueur connaissant le jeu sur le bout des doigts devrait y parvenir en une quinzaine d’heures. Avec ces estimations en tête maintenant, un pronostic sur le record du monde ?

Si vous n’avez pas hurlé haut et fort : «  17 minutes et 4 secondes ! », vous avez malheureusement tort. Et non, ce n’est pas sur une version accélérée 250 fois du jeu que ce record a été établi, mais bel et bien sur une version équivalente à celle que vous possédez peut-être chez vous. Le runner n’a pas non plus trafiqué sa cartouche pour y arriver, il a simplement utilisé sa manette, rien d’autre. Quant à comprendre comment cette prouesse est possible, nous en parlerons dans les articles à venir en abordant le fonctionnement rudimentaire d’un jeu ainsi que les différentes manières d’en abuser. Le tout agrémenté de petites précisions techniques et de définitions sur la terminologie propre à ce domaine.

Alors ? Êtes-vous convaincu maintenant que le speedrun peut faire des miracles ? Bien, dépoussiérez-moi cette cartouche et rebranchez votre console, un univers rempli de surprises vous attend.

Syskel

 

Le speedrun #2: Abusons du jeu >>

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