Pokémon Méga Donjon Mystère

Cette année, nous fêtons les 20 ans de l’une des franchises (du jeu vidéo) les plus populaires : Pokémon. Nintendo, aidée par The Pokémon Company, en a d’ailleurs fait son Ponyta de bataille pour 2016, mettant grandement en avant la licence des monstres de poche avec des nouveaux dessins-animés, films, cartes à jouer, applications et — ce qui nous intéresse ici — jeux. L’un d’eux n’est autre que Pokémon Méga Donjon Mystère sur 3DS. Mais alors, la firme nippone tient-elle ses promesses ou nous paie-t-elle en monnaie de Ouisticram ? C’est ce à quoi je vais tenter de répondre à travers cette review du cinquième volet de la série des « Donjon Mystère ».

Bannière Pokémon Méga Donjon Mystère

Développeur : Spike Chunsoft
Date de sortie : 19 février 2016
Console : Nintendo 3DS
Genre : Dungeon-RPG

Presque-avant-propos

Avant de me lancer dans l’arène impitoyable du test subjectif, je me dois de parler en « je », et de vous faire un très bref résumé de mon expérience de joueur Pokémon. Même si ma santé mentale est souvent mise en doute face à ma fièvre acheteuse pour ce que l’on appelle les « versions Pokémon » (rouge, bleue, noire, blanche, X, Y, etc.), et que mon amour pour ces mêmes softs est absolu, on ne peut en dire autant concernant les « jeux dérivés ». En effet, j’ai rapidement mis de côté les divers Pokémon Ranger ou les premiers Pokémon Donjon Mystère qui m’ont presque immédiatement ennuyé. Gardez donc à l’esprit que les lignes que vous lisez ont été rédigées par un fan de Pokémon qui (re)découvre la saga des « Donjon Mystère » à travers Pokémon Méga Donjon Mystère (titre que je vais, à partir de maintenant, raccourcir en « Méga Donjon » pour vous faciliter la lecture).

Père Castorno, raconte-moi une histoire

L'écran de sélection de votre avatar-Pokémon contient vingt personnages parmi tous les starters de chaque génération en plus de Pikachu et Riolu.
L’écran de sélection de votre avatar-Pokémon contient vingt personnages parmi tous les starters de chaque génération en plus de Pikachu et Riolu.

Revenons donc à nos Wattouat… On le sent tout de suite lorsque l’on démarre le jeu : on est plutôt dans une ambiance calme et bon enfant avec Méga Donjon ; la berceuse qui joue en fond sur l’écran-titre et l’image colorée associée vous tranquillisent immédiatement. Puis s’enchaîne un petit test de personnalité qui vous orientera pour le choix de votre avatar-Pokémon. La sélection de « starters » est d’ailleurs inégalée à ce jour : vingt Pokémon parmi tous ceux de départ de chaque génération, ainsi que Pikachu et Riolu. Et enfin, l’aventure commence…

Le scénario se donne des faux airs de banalité, mais il n’en est rien. En effet, même s’il est loin de casser trois pattes à un Couaneton, il s’avère bien plus élaboré que ne veut bien le laisser entendre l’introduction du jeu. Vous incarnez donc un humain qui a perdu la mémoire, et qui s’est retrouvé changé en Pokémon. Il va alors rencontrer plusieurs amis et ennemis non-humains qui vont l’aider à trouver les réponses à ses nombreuses questions. Par la suite, on observera un grand nombre de retournements de situations plutôt bienvenus pour une licence comme Pokémon, qui sont malheureusement mis à mal par des surenchères incessantes. Le soft attrape rapidement la même « maladie » que les films Pokémon qui introduisent un nombre beaucoup trop élevé de Pokémon légendaires et fabuleux.

Sois beau et tais-toi..!

Si l’écriture de l’histoire est intéressante à plusieurs égards, celle des dialogues aurait mérité un peu moins d’attention… Le jeu tire en longueur à cause des divers monologues soporifiques des différents protagonistes ; et on passe parfois plusieurs minutes à uniquement appuyer sur la touche « A », en priant pour que cela s’arrête au plus vite. Il arrivera même un moment où vous devrez quitter votre petit village paisible et que vous recevrez une lettre d’adieux accompagnée d’un petit texte de chaque habitant… de quoi vous faire devenir Chevroum !

Il y a trop de dialogues inutiles dans Pokémon Méga Donjon Mystère.
Il y a trop de dialogues inutiles dans Pokémon Méga Donjon Mystère.

Ces phases vous laisseront tout le temps d’admirer les décors et graphismes du jeu qui continuent sur la lignée du mignon tout plein. Pokémon n’a jamais été réputé pour sa haute esthétique, et ce n’est malheureusement pas avec cet opus que cela va changer. Mais, soyons honnêtes, on ne demande pas à Méga Donjon de ressembler à Final Fantasy XV, et on a clairement d’autres Chaglam à fouetter.

Tu veux jouer avec moi ?

Effectivement, l’argument principal de Méga Donjon réside dans son gameplay, et, de ce côté-ci, il n’y a pas grand chose à reprocher. Le jeu vous met intelligemment en jambe au fur et à mesure de votre périple. Le didacticiel est progressif et bien partitionné afin de vous permettre de digérer tranquillement chaque nouveau mouvement. On n’a jamais le sentiment d’être submergé par une quantité trop grande d’informations.

Les mécaniques sont certes plutôt simples, mais suffisamment efficaces pour nous permettre de tolérer la linéarité du jeu. Car, oui, Méga Donjon est linéaire. On ne fait qu’enchaîner les « donjons mystère » (espaces générés aléatoirement sur plusieurs étages et dans lequel on se déplace comme sur un damier) les uns après les autres, avec différents objectifs : retrouver un Pokémon ou un objet perdus, se battre contre un adversaire en particulier, ou simplement sortir de la zone.

L'exécution de Capacités Synchro peut vite devenir salvateur.
L’exécution de Capacités Synchro (une attaque à trois) peut vite devenir salvateur.

Mais, pas de langue de Séviper ici, car on ne peut que saluer la présence d’un contenu dantesque ! Les donjons, répartis sur plusieurs continents, sont nombreux, les missions foisonnent, et les Pokémon jouables explosent les records. On a vraiment beaucoup de plaisir à rencontrer de nouvelles créatures et de créer des liens avec elles pour ensuite pouvoir les contrôler. La durée de vie est, par conséquent, bien dodue et peut être encore gonflée en visitant l’Île Bekipan, un mode un peu plus libre qui permet de refaire les donjons déjà visités à volonté, ou de sauver nos héros qui seraient tombés dans l’aventure principale.

Ce système de sauvetage est d’ailleurs bien pratique et agréable, mais met en avant l’une des faiblesses de Méga Donjon : sa difficulté en dents de scie. Il suffit d’une seconde d’inattention ou de malchance pour se retrouver encerclé par deux Pokémon surpuissants qui enchainent les coups critiques. Du coup, le plaisir en est légèrement perturbé et on a un peu le sentiment d’être traîté comme un Caninos.

…et donc ?

La jaquette du jeu joue la carte du fan-service.
La jaquette du jeu joue la carte du fan-service.

Le mot « inégal » prend réellement tout son sens lorsque l’on analyse Méga Donjon. On s’ennuie parfois, on s’énerve aussi de temps en temps et on croise les doigts pour plus de liberté par la suite, sans que cela se produise. Malgré tout, la sauce Pokémon prend et on apprécie le contenu et tous les petits détails insufflés au soft. Le gameplay est aux petits oignons et permet une ouverture sur un genre de jeu — le dungeon-RPG — plutôt rare en Europe.

Même si je ne ferai très certainement pas l’acquisition de la prochaine itération de Pokémon Donjon Mystère, j’ai tout de même aimé l’expérience de jeu que m’a offerte Pokémon Méga Donjon Mystère.

Les pours et les contres

+ Un didacticiel progressif et bien amené Le manque de liberté et donc la linéarité du soft
+ Le plaisir de collectionner et de jouer avec tous ces Pokémon différents La difficulté est parfois très inégale
+ Le choix du Pokémon de départ parmi le plus gros roster à ce jour La bande-son aurait pu être plus travaillée
+ Un scénario bien plus recherché et intéressant que dans la plupart des jeux Pokémon (voire Nintendo)… …mais qui joue trop souvent la carte de la surenchère, notamment avec la présence excessive de Pokémon légendaires
+ Les sauvetages via l’Île Bekipan Les monologues soporifiques

Thomario

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