Jeux d’antan #1: Les années 50′-60′

Bienvenue dans les années d’après-guerre ! Ressortez vos peurs phobiques du nucléaire et installez-vous confortablement dans votre bunker, aujourd’hui on va s’intéresser à un aspect souvent méconnu des jeux vidéo : son histoire. Au fil de cette chronique, nous explorerons le temps et les inventions qui ont poussé le loisir vidéo-ludique à prendre une place prédominante dans nos vies actuelles. Ce premier épisode sera consacré aux années 1950-1960 ; une époque où le jeu vidéo n’en était qu’à ses prémices, alors même que les premiers ordinateurs disposant d’un écran venaient d’éclore.

Nefertari
Peinture de la reine Nefertari jouant au Senet – 13ème siècle avant J.-C.

Les jeux à proprement parler ont une histoire plus que conséquente derrière eux, quelques millénaires au bas mot. On ne peut dater précisément l’apparition du tout premier jeu destiné à divertir, mais on peut sans doute supposer qu’une telle activité existe depuis la nuit des temps. En effet, les animaux eux-mêmes « jouent » entre eux pour s’amuser ou apprendre. À noter que les premiers jeux de table ayant pu être daté remontent à environ trois millénaires avant notre bon vieux Jésus, avec le « Senet » égyptien ou encore le Backgammon. On peut donc supposer qu’il était tout naturel pour l’humanité d’exploiter un nouveau support tel que l’informatique pour en développer le potentiel ludique.

1950s : Start A New Game ?

C’est lors de l’année 1951 que les jeux vidéo furent évoqués pour la première fois dans le but de divertir les masses. À l’époque, Ralph Baer (rien à voir avec Édouard Baer…) est un  ingénieur américain chargé de concevoir « la meilleure télévision du monde » pour sa société. Lors du processus de création, une idée lui vient : il propose à son employeur d’intégrer un module de jeu au téléviseur qu’il conçoit. Bien évidemment, son supérieur s’empresse d’accepter cette idée révolutionnaire et lance la production à grande échelle ! … Ah non, excusez-moi, en réalité son employeur rejette cette idée, ne jugeant pas cet ajout nécessaire. Malgré ce refus retentissant, notre cher ami Ralph Baer est considéré aujourd’hui comme le « papa » des jeux vidéo, puisqu’il en a vraisemblablement eu l’idée en premier ; et vous verrez qu’il ne s’arrêtera pas là.

Nimrod
L’ordinateur Nimrod – 1951

En mai de cette même année, l’ordinateur Nimrod est présenté en Angleterre au « Festival of Britain », une importante exposition scientifique. Cette machine conçue par Ferranti Limited, société anglaise, est le tout premier outil informatique entièrement dédié au loisir vidéo-ludique. Nimrod ne permet cependant de jouer qu’à un seul jeu, « Nim ». Si vous connaissez le jeu des bâtonnets dans Fort Boyard, et bien il s’agit là d’une variante de ce même jeu. Et si cette référence vous laisse de marbre, je vous encourage à vous renseigner ! (Sur Nim hein, pas l’émission de Passe-Partout…).

En 1952, un doctorant à l’université de Cambridge nommé Sandy Douglas développe pour la première fois un jeu destiné à un ordinateur déjà existant, l’EDSAQ. Il travaille alors sur l’interaction entre humains et ordinateurs, et décide de programmer un jeu simple pour corroborer ses recherches : « OXO ». Et il ne s’agit là de rien d’autre qu’une version informatique du morpion ! Si vous ne savez pas ce que c’est, eh bien, je ne peux plus rien pour vous, désolé… Notez tout de même que, cette fois-ci, il est possible de jouer seul contre l’ordinateur ; une première !

OXO
Affichage original d’OXO (1952, en haut à gauche) recréé par émulateur

Six ans plus tard, (soit en 1958 pour les non-matheux…) William Higinbotham donne naissance à « Tennis for Two », un jeu destiné à distraire les visiteurs du laboratoire national de Brookhaven à New York. Ce qui rend cette démarche innovante, c’est le fait qu’il ait relié un oscilloscope à un ordinateur, et qu’il ait de ce fait proposé des manettes aux joueurs pour se renvoyer la balle. En 1959, il adapte même son jeu à un écran cathodique de 15 pouces ! Cependant, Higinbotham, ne pensant pas avoir inventé quelque chose, ne dépose pas son idée et n’en tirera donc aucun profit… (Bon, il a quand même bossé sur la première bombe nucléaire et déposé une vingtaine d‘autres brevets pendant sa carrière ; ça aurait  pu être pire !)

First Achievement

En somme, les années 50’ posent les bases de ce que va devenir le jeu vidéo lors des décennies suivantes. On a en effet ici les éléments les plus importants liés à cet univers qui font leur apparition : les consoles connectées à un ordinateur, l’intelligence artificielle servant d’adversaire, et les contrôles externes spécialement dédiés (les manettes quoi).

1960s : Gamer Power

Mais, vous vous en doutez bien (j’espère), cela ne s’est pas arrêté là ! En 1962, un groupe d’étudiants du MIT, mené par Steve Russell, programme un nouveau jeu nommé « Spacewar ». À l’époque, cette œuvre est jouable sur PDP-1, le premier mini-ordinateur de DEC ; société étant aujourd’hui affiliée à Hewlett-Packard. Spacewar est, semblerait-il, le premier jeu à avoir été échangé grâce au prédécesseur d’internet. Il était même distribué avec les machines PDP-1, il s’agit donc là de la première distribution « de masse » d’un jeu vidéo. En ce qui concerne le concept en lui-même, Spacewar affiche à l’écran des vaisseaux spatiaux contrôlés par deux joueurs tentant de « se mettre la misère » via des manettes spécialement manufacturées. Et pour ce qui est de l’aspect technique, Spacewar tourne à 200’000 instructions par seconde et pèse environ 9 kilo-octets ; soit environ 150 fois moins qu’une capture d’écran de votre bureau. (C’est fou, hein ?)

Spacewar
Spacewar – 1962

À partir de 1965, Ken Thompson, un programmeur notamment connu pour sa création d’Unix, développe un système d’exploitation destiné à faire tourner une simulation du système solaire nommée « Space Travel ». AT&T (American Telephone & Telegraph), la société pour laquelle il travaille, stoppera néanmoins son financement jugé trop coûteux en 1969. Ce premier jeu de simulation n’aura donc jamais vu le jour, mais aura permis de poser les fondations d’Unix.

Durant la même période, notre cher ami Édouard Ralph Baer donne naissance à la « Brown Box ». Cette Brown Box est en réalité la précurseuse (ce mot existe, j’ai vérifié) des consoles de salon actuelles, puisqu’il s’agit d’un boîtier permettant de jouer à différents jeux sur son téléviseur. Baer n’a donc pas lâché sa première idée de 1951 et l’a même menée à bout en inventant cet ingénieux système qui, aujourd’hui, peuple de nombreux foyers.

Brown Box
Brown box – 1967

Eh bien chers amis, ce premier épisode touche à sa fin, et j’espère qu’il vous aura donné envie d’en savoir plus sur les événements majeurs qui ont façonné le monde vidéo-ludique tel qu’on le connaît. Et ne vous y trompez pas, nous avons encore pas mal de « bornes » à parcourir avant d’arriver à notre époque ! Si vous avez compris la logique, les années 70’ seront l’objet du prochain épisode. Vous avez quelques notions vis-à-vis de l’univers vidéo-ludique ? Alors vous savez sûrement que cette époque désigne l’avènement de machines qui en ont détroussé plus d’un…

Credits
Si vous voulez lire la suite…

Syskel

 

Jeux d’antan #2: Les années 70′ >>

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.