Dites-le avec un jeu #2 – La rage

Le jeu vidéo, c’est des instants passés avec ses amis, c’est du divertissement, c’est une passion. Mais, comme tout loisir, il n’est pas épargné de moments de frustration et de colère. Il est donc temps que nos chers rédacteurs nous comptent l’instant dans leur vie de gamer durant lequel ils ont frénétiquement jeté leur manette contre le mur avec frustration !

Football Manager

Permettez-moi d’avance de vous arrêter si vous pensez que le football est un sport de simplets. Chaque année, les passionnés PCistes du ballon rond peuvent passer des nuits blanches sur cet excellentissime jeu qu’est Football Manager, incroyablement complet et chronophage. J’y ai moi-même passé des heures et des heures. Mais force est de reconnaître que quelques fois, mon clavier a échappé de peu à la mort. Imaginez : vous venez de passer quelques heures à peaufiner votre schéma tactique et vous avez analysé jusque dans ses moindres détails votre prochain adversaire. Votre équipe est dans une mauvaise passe et vous devez absolument engranger des points pour éviter la relégation. Heureusement, lors du dernier match, bien que perdu, vos joueurs ont montré des signes encourageants dans le jeu. Vient le match et… ça ne marche pas !!! Votre équipe enchaîne les passes ratées, vous n’arrivez pas à dépasser le milieu de terrain, vos attaquants sont amorphes et vos défenseurs à la rue. De plus, votre unique occasion du match est un misérable tir de loin. Résultat final : défaite 4-0. Pendant tout le match, vous gueulez tout seul devant votre écran, impuissant et en colère contre ces imbéciles incapables de mettre un pied devant l’autre. Pour la petite histoire, juste après ce match qui est resté dans mes souvenirs, je fus gentiment congédié de mon poste. J’étais le coach du FC Sion. Quand je vous dis que c’est réaliste…

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Counter Strike: Global Offensive

Les jeux en ligne compétitifs à succès sont typiquement le genre de jeux qui feront quitter dans un excès de colère un nombre incalculable de joueurs. CS GO n’est pas épargné de la liste, étant compté comme un des FPS compétitifs ayant la pire des communautés, qualifiée à juste titre comme étant « la plus grande mine de sel du monde », le sel représentant les larmes de rage que le joueur impuissant laissera couler dans la frustration et la défaite. Mais ma contribution à cet immense amas minéral ne fut pas à cause des autres joueurs, loin de là, mais bien à cause de l’ordinateur de mon frère. La raison à cela est qu’il arrive de temps en temps que le PC de mon cher jumeau ait la fâcheuse tendance à planter complètement à cause d’un processus qui s’emballe et tourne des milliers de fois en arrière plan. Et ce processus, c’est le jeu en ligne auquel il joue, ce qui veut dire que notre pauvre modem reçoit des milliers de connexions à la fois et je passe à 2000 de ping pendant plusieurs manches. Et en plus de me prendre l’équivalent d’un DDOS par sa faute, il y a eu cette partie où il a planté au moins 4 fois, me laissant impuissant pendant plus de 10 rounds. Mais ce n’est pas tout, car ça ne serait pas rigolo si je ne laggais pas lors de rounds clés de la partie. Ce jour-là, ce ne fut pas ma manette qui valdingua à l’autre bout de la pièce, mais mon casque audio qui, heureusement, était bon marché. Paix à son âme.

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Pokémon Rubis

Alors que certains de mes collègues de Pixels associent la saga Pokémon à la peur, de mon côté, c’est le sentiment de rage qui me submerge très souvent dans ces jeux. « Attrapez-les tous ! », oui ok, mais à quel prix ?! Eh bien au prix de plusieurs centaines d’Hyper Balls..! Et, même si l’argent est virtuel, on ne peut s’empêcher de sentir une certaine frustration lorsque l’on envoie cent cinquante boules de capture sur un monstre de poche légendaire gelé, avec un seul point de vie. Et que se passe-t-il à la cent cinquante et unième balle ? Le Pokémon se dégèle, n’a plus de capacité (PP) et utilise une Lutte qui lui inflige des dégâts, le met K.O. et vous fait sortir les Groz’Yeux ! Ah, et peut-être même que vous aviez oublié de sauvegarder juste avant d’affronter cet énième oiseau-feu-acier-truc qui vous a demandé une heure d’énigmes dans une tour fantôme-labyrinthe-machin avec des milliers de combats aléatoires au passage… Je me revois encore marteler l’icône « Hyper Ball » du menu « Objets » de ma version Rubis, afin d’essayer de faire mien un Registeel dont la santé était dans le rouge : une perte de temps, d’énergie et de Pokédollars. Et si vous n’êtes toujours pas convaincus de la colère qui peut découler de cette roulette aléatoire de probabilités ridiculement basses, je peux vous parler des chiens divins qui se baladent d’un bout à l’autre de la carte et qui, quand vous les croisez enfin, ne savent rien faire d’autre que « fuir »… nom d’Arceus !

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Earthworm Jim

Un oublié. L’un des tous grands et populaires jeux de plateforme des années 90, sorti simultanément sur SNES et sur Megadrive. Ce jeu, chers amis, n’a pas de pitié. Alors certes, c’était un peu le standard à l’époque de faire des jeux particulièrement difficiles qui préféraient récompenser le joueur pour ses efforts plutôt que le guider par la main à travers les niveaux, Earthworm Jim n’avait rien de particulier à ce niveau là. Le plus rageant, pour moi, était de constater l’inutilité flagrante de la barre de vie. Je m’explique : beaucoup de ces vieux jeux n’avaient pas de barre de vie… c’était un coup ou deux et t’es mort. Donc forcément, quand j’ai vu ma petite tête de ver en bas à gauche avec écrit en gros « 100% » à côté je me suis dit « tiens, celui-ci m’a l’air tout de même un peu plus clément ! » Foutaises… il ne m’a fallu que deux ennemis bien planqués et bien agressifs pour que cette jauge descende immédiatement à 34%. Ah, et mes munitions étaient déjà vides à force de spammer mes tirs dans tous les sens pour tuer les chiens démons qui me coursaient pour m’arracher la peau des fesses (qu’un ver n’est pas sensé avoir d’ailleurs). J’étais furieux. Et cette furie s’est prolongée sur les nombreuses heures et, surtout, les nombreuses morts traversées pour terminer ce jeu. Inutile de dire que je n’ai pas eu la mention.

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Mirror’s Edge

Ce jeu n’est pas à proprement parler « rageant », mais dans le cadre du speedrunning, il s’agit d’un des titres demandant le plus de maîtrise et d’exécutions précises. Il est donc tout à fait naturel pour moi d’en parler aujourd’hui dans cet article…
J’allais finalement battre mon PB (Personal Best) lors d’une chaude après-midi d’été, il ne restait plus que le dernier chapitre à compléter ; j’étais fébrile, voire extatique. Mais voilà, comme tout bon speedrunner qui se respecte, il fallait forcément qu’un moment de panique et des mains trop moites viennent interférer dans ma performance. J’arrivais dans un passage où Faith devait se glisser dans des conduits d’aération et effectuer nombre d’acrobaties pour en atteindre la sortie – un passage normalement simple du run – et forcément, j’ai craqué pour rien. Je suis tombé une première fois ; jusque-là, rien de très grave, c’était simplement stupide et j’étais encore dans les temps. Mais ce qui devait arriver arriva : la deuxième chute. Celle-ci me soutira un magnifique : « P#§@!N » et un beau petit claquement de souris sur mon bureau. Bien évidemment, la troisième fois fut celle de trop ; ma souris vola, des mots furent regrettés, et mon run maintenant souillé mourut dans une atroce ambiance d’incompétence.
Il ne faut pas speedrunner un jeu que vous aimez, au risque d’avoir une insatiable envie d’en détruire toutes les copies existantes. Maintenant, ce jour est loin derrière moi, et je considère encore aujourd’hui Mirror’s Edge comme un des jeux les plus importants de mon expérience de joueur. (MÊME SI CE P***** DE CONDUIT DE VENTILATION SUBIRA TOUJOURS MA RAGE !)

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Breath of Fire III

Quand on m’a demandé d’associer un jeu à la rage, j’ai passablement hésité à parler de ces jeux dont certaines quêtes secondaires sont abominables pour vos nerfs (par exemple, Final Fantasy X, qui a tué ma patience avec la plaine foudroyée, ou The Legend of Zelda: Twilight Princess dont les passages obligatoires de pêche au lancer sont ma kryptonite)… mais non ! Deux choses m’énervent plus : les jeux dont ont s’aperçoit qu’il faut encore acheter 50% du contenu en DLC, et les jeux mal traduits (l’Académie française aurait dû défiler dans la rue pour s’opposer à la commercialisation de Metal Gear Solid 2).
Bientôt, dans notre nouvelle émission, Pixels Café, vous découvrirez que j’ai une dent contre Capcom, qui a produit d’excellents jeux en exploitant mal certaines séries phares (oui, je veux un Mega Man X9) ou en tablant sur les contenus additionnels payants à outrance. Mais là, ma rage concerne un excellent jeu de rôles de Capcom, Breath of Fire III, dont la traduction a été confiée à Infogrames. Résultat : après des dizaines d’heures de jeu, vous devez traverser un désert en vous basant uniquement sur les explications d’un personnage, et tout mouvement erroné vous force à abandonner votre traversée et retenter celle-ci ultérieurement. Evidemment, la traduction qui n’aurait nécessité qu’un relecteur est foireuse et comporte des fautes ailleurs, mais là, la version française vous donne des indications rendant l’avancée dans le jeu impossible. Après des HEURES (ou était-ce quarante ans ?) à errer dans le désert sans comprendre ce que je faisais faux, le problème de traduction a été rendu publique par la presse vidéoludique, qui s’est empressée de fournir la solution pour ce passage critique. Mais quand tu joues à un jeu que tu aimes à ce point, tu n’as pas envie d’attendre sur une solution… tu retentes, tu rejoues, tu cries, tu pleures, tu rages.

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Dr. D.

League of Legends

Ordinateurs ruinés, casques brisés, souris exterminées, claviers détruits. Vous, vous avez commencé à jouer à League of Legends, je me trompe ? Le jeu où seuls les plus endurcis arrivent à ne pas verser une petite larme de colère alors que s’affiche sur leur écran, le symbole « DEFEAT », en grand et en rouge. Mais vous alors, ça va ? Vous tenez le coup ? Parce que je vois que vous ne connaissez pas encore très bien cette bonne vieille horreur. Bon en gros, LoL c’est le jeu sur lequel les gens passent le plus clair de leur temps, mais c’est aussi celui qui donne le plus de fil à retordre à leurs pauvres nerfs mis à bout. C’est que c’est un jeu qui fait littéralement « subir la rage », vous voyez. Eh oui, une partie durant facilement 45 minutes (qui semblent une éternité lorsque vous avez un KDA de 0/8/1, croyez-moi), impossible de sauter du train en marche, au risque de subir des sanctions qui affectent votre compte. Dès lors, eh ben, faut lutter pour ne pas lancer son PC à l’autre bout de la pièce dans un magnifique « table flip » et juste essayer, tant bien que mal, de terminer une partie dans le plus grand des calmes. Sauf qu’on perd, bien sûr, hein ! Et après on se fait encore un peu humilier par le tableau récapitulatif des scores. Et enfin seulement on peut reprendre son souffle, boire un grand verre de sirop grenadine, étrangler deux ou trois chatons et cliquer sur « play again »… Parce que c’est ça le plus grand miracle de LoL : un jeu qui nous tend plus que le string à Mireille, et qui nous donne envie de recommencer à chaque fois. Masochisme quand tu nous tiens…

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Erther

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