Jeux d’antan #4 : Les années 90′ (1/2)

– Raaaah, sal*perie d’émulateur en carton qui fait pas ce que j’v… Que… Quoi ? Le 4ème article de JDA commence ? Mince, attendez… Ahem ! –

Bienvenue, chers amis, dans ce quatrième épiso…

– Mouais, je commence toujours pareil, ça commence à devenir lourd. Comment faire pour attirer le chaland ? … Mmmh, je sais ! –

Dans notre monde apocalyptico-ludique, la guerre fait rage entre superpuissances inarrêtables. Tandis que les foyers se retrouvent déchirés et meurtris par les partis pris dans cet affrontement sans pareil, certains individus choisissent d’embrasser cette folie pour suivre « La Voie ». Cette Voie, bien que semée d’embûches, semble être celle de la raison. En effet, ces personnes dotées d’une curiosité sans faille s’engagent à rationaliser ces évènements atroces en en comprenant leur essence ; que dis-je, leur genèse. L’écrit qui va suivre résume le 4ème chapitre canonique relatant les causes ayant engendré le monde qui nous entoure actuellement. Je parle ici du monde vidéo-ludique, bien entendu.

– Tout ça pour introduire l’histoire des jeux vidéo durant les années 90’, et c’est que la première partie en plus ! Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour des lecteurs assoiffés de connaissance… –

Dinner

Lorsque nous nous étions quittés la dernière fois, Sega et Nintendo s’engageaient alors dans un bras de fer musclé pour la conquête des marchés avec, respectivement, la Master System et la Famicom. Au sortir des années 80’, Nintendo est largement en tête et ne se prive pas d’enfoncer le clou en 1990 avec la sortie de « Super Mario Bros. 3 », qui est alors un succès total. La crise de 1983 n’était alors devenue qu’un vieux souvenir entachant l’ascension vidéo-ludique. En effet, la remontée fulgurante du jeu vidéo dans le cœur des hommes permet à de nombreuses firmes de reprendre du « Poil of the Beast » ; comme ce fut le cas pour SNK qui sortit ses deux versions (arcade et console) de la « Neo-Geo » la même année que le troisième super opus de notre plombier moustachu. Cependant, la prudence est toujours de mise, puisqu’avec deux illustres constructeurs au sommet (Nintendo et Sega, suivez un peu, bon sang !), les échecs commerciaux ne sont pas si rares que ça parmi la concurrence. Par exemple, le CD-i de Philips (qui, admettons-le, est un pur joyau d’ergonomie…) fit un « flop » tout à fait admirable s’il en est.

La révolution des 16-bits (que d’images dans cet article) : 

Un échantillon des jeux sortis sur Mega Drive
Un échantillon des jeux sortis sur Mega Drive

-La magnifique Mega Drive de ouf

Disclaimer : Nous allons parler ici de ma console préférée, toute objectivité sera bâillonnée et mise au placard sous scellé durant ces prochains paragraphes.

Alors que la « Mega Doraibu » – l’anglais japonisé me remontera toujours le moral – est déjà sortie depuis 1988 chez les nippons, elle fait son apparition en 1989 aux États-Unis sous le nom de « Genesis », ainsi qu’en 1990 en Europe sous le nom de « Mega Drive ». Sega prend alors Nintendo de court en sortant en premier (« first ! ») une console 16-bits sur les marchés mondiaux. On peut donc dire que Sega surprend Nintendo avec ses 16-bits.

Plus sérieusement, Sega s’engage dans une politique marketing et productive agressive afin de reprendre du terrain sur Nintendo. De ce fait, les spots publicitaires sont très axés sur le jeune public avec des slogans plus cultes les uns que les autres ; et ça va marcher ! En effet, Sega dominera les marchés américains et européens durant une partie des années 90’ (sauf au Japon, m’enfin, c’est qu’une petite île après tout). Mais cette petite domination n’est pas due qu’au génie d’écriture des publicitaires, non. C’est durant l’année de sortie européenne de la Mega Drive que la mascotte la plus mythique de l’histoire des jeux vidéo fera son apparition : Sonic. (J’oublie qui ? Mario ? Connais pas.)

Le premier jeu du hérisson bleu intitulé « Sonic the Hedgehog », sorti en 1991, permettra à lui tout seul l’envolée des ventes de la Mega Drive. Effectivement, il renouvelle totalement l’idée que les joueurs se faisaient des jeux de plateformes en proposant un gameplay rapide et enivrant propre à la Mega Drive à l’époque. Bien sûr, Sonic n’est pas la seule licence forte de Sega, loin de là. Mais le fait est qu’il a été tout spécialement créé pour représenter mondialement la firme, à l’instar de Mario, et conquérir les marchés.

Je pourrais facilement m’étendre encore des heures sur l’histoire de Sonic et de la Mega Doraibu elle-même, mais je pense qu’il est préférable pour notre intérêt à tous (et surtout l’objectivité de cet épisode), de garder cela pour un éventuel article spécifique. De plus, il se trouve que Nintendo est fin prêt à faire entrer l’appellation « guerre des consoles » dans l’imaginaire collectif à ce moment-là.

Un échantillon des jeux sortis sur Super Nintendo
Un échantillon des jeux sortis sur Super Nintendo

-SNES (ça se sent tant que ça que je suis moins emballé ?)

Trêve de plaisanteries. Bien que la Super Nintendo soit sortie avec deux ans de retard dans chaque région par rapport à la Mega Drive, elle ne déméritera pas pour autant, bien au contraire. Faisant également partie de la génération 16-bits, il s’avère que les graphismes sont jugés plus convaincants que ceux de ses concurrents par les joueurs. En effet ce n’est pas « Donkey Kong Country » qui pourra nous faire dire le Countraire. (Vous aviez vraiment cru à cette trêve ?)

De plus, son succès est assuré par le fait que les développeurs indépendants qui étaient fidèles à la Famicom le seront aussi à la « Super Comboy » (appellation sud-coréenne de la SNES). Ainsi Capcom, Enix, Koei, Konami, Square et Tecmo – des illustres inconnus donc – renouvellent leurs contrats d’éditeurs chez Nintendo.

Cette arrivée en fanfare sur les marchés déstabilisera légèrement Sega, qui campera alors encore plus solidement sur ses positions de firme « cool » et « branchée » proposant des titres plus matures ; tandis que Nintendo frappe à grand coup de licences plus léchées et transgénérationnelles. Cet affrontement perdurera plusieurs années, chaque constructeur passant successivement en tête des ventes. La Super Famicom finira tout de même par l’emporter sur la Mega Drive au terme de la première « guerre des consoles ».

L’expansion des genres

Les années 90’ seront également le théâtre de l’innovation vidéo-ludique à proprement parler. Effectivement, si l’on parlait de Sonic The Hedgehog comme étant un jeu révolutionnaire dans le sens qu’il exploitait les codes des jeux de plateforme à son avantage, c’est bel et bien de nouvelles manières de jouer qui vont naître durant cette décennie.

Myst (1991) – Cyan Worlds
Myst (1993) – Cyan Worlds

En 1991, « Cyan Worlds » (firme de Washington), empiète farouchement sur les plates-bandes de LucasArts concernant les jeux d’aventure en commençant le développement de « Myst ». Il ne s’agira pas là d’une nouvelle manière de jouer au sens strict, mais l’hyperréalisme et l’ambiance intrigante du jeu de Cyan Worlds rempli de puzzles et d’énigmes complexes permettront d’impressionner sensiblement les joueurs à sa sortie en 1993. Myst, fameux « point-and-click » s’il en est, se vendra à l’époque comme très peu d’autres jeux ; à plus de sept millions d’exemplaires. Ce succès phénoménal insufflera même à Cyan Worlds l’envie de faire une suite : « Riven ».

En 1992, un genre totalement différent va également voir le jour : le « FPS » (pour First Person Shooter ; jeu de tir à la première personne en français). En effet, seulement un an après sa création, iD Software frappe un grand coup en sortant « Wolfenstein 3D ». Ce jeu d’action vu depuis les yeux du personnage principal est considéré comme le premier à se baser sur les mécaniques des FPS tels qu’on les connaît aujourd’hui. Puisqu’il s’agit pour la première fois dans l’histoire vidéo-ludique d’évoluer dans un environnement entièrement en 3D, et cela en temps réel, pour « dézinguer » du Nazi et même le Führer ; je vous laisse imaginer l’impact considérable que Wolfenstein a eu sur la communauté des joueurs.

 Wolfenstein 3D (1993) ft. le Führer – iD Software
Wolfenstein 3D (1992) ft. le Führer – iD Software

Mais iD Software ne va pas s’arrêter là ! L’année suivante, en 1993, ils décident de s’imposer fièrement en tant que pionniers du FPS en sortant… wait for it… « Doom » ! Le monde sanguinolent proposé par la firme du Texas fera un carton et amènera une fois pour toutes les jeux de tirs à la première personne au panthéon des genres phares du monde du jeu vidéo. Cela paraît évident lorsqu’on sait que les créations d’iD Software auront inspiré « Blood », « Duke Nukem », « Half-Life », « Quake » ou encore « Unreal ». Ces nouvelles générations vont même plus loin en remplaçant les affichages 2D des personnages de Doom et Wolfenstein par de réels avatars en 3D. Maintenant, si vous vous souvenez de ce qui a été dit dans l’article sur les années 70’, il y avait été mentionné que Wolfenstein 3D et Doom avaient été inspirés par le level-design de Pac-Man…

…Pac-Man est donc l’ancêtre des FPS actuels ; CQFD !

L’année 1993 est un tournant du jeu vidéo, et pas seulement pour ce qui est des FPS ; un nouveau genre va aussi faire son apparition : le « RTS » (pour Real Time Strategy ; jeu de stratégie en temps réel en français). Westwood Studios innove cette année-là en sortant « Dune II », premier jeu considéré comme un RTS de par ses mécaniques : vue de haut, contrôle d’unités, récolte de ressources et construction de bâtiments en vue d’annihiler un ennemi. Ce studio de Las Vegas se base alors sur les œuvres de science-fiction de Frank Herbert dont je vous conseille vivement la littérature. (Pour ce qui est des adaptations à l’écran, je vous avise fortement d’avoir lu les livres avant si vous souhaitez vous y aventurer…) Deux ans après la sortie de Dune II, Westwood Studios rentrera officiellement dans la légende des RTS en donnant vie au premier opus de la série « Command & Conquer ».

Dune II (1993) – Westwood Studios
Dune II (1993) – Westwood Studios

Quel souffle glacé…

Pour terminer cet épisode, je ne puis déroger à l’évocation d’un géant, que dis-je, un titan de l’univers vidéo-ludique. Nul doute que vous savez très bien de qui je veux parler, il s’agit de Silicon & Synapse. Bon, en réalité, ils se sont renommés Chaos Studios en 1994… ça ne vous dit toujours rien ? Ah mais j’ai failli oublier que la firme s’est finalement trouvé le nom de Blizzard Entertainment cette même année ! (Quelle tête en l’air je suis des fois.)

En fin 1994, début 1995, Blizzard sort son premier jeu, et pas des moindres : « Warcraft : Orcs and Humans ». Cet univers fantastique et léché fait un flop magistral tourner les têtes de tous les joueurs avides de nouvelles histoires à l’époque. Le succès du jeu, basé sur les mécaniques de Dune II, est tel que l’équipe technique de Blizzard peut se permettre d’augmenter son effectif de 25 à 40 personnes en l’espace de quelques mois. Et c’est sans sourciller qu’ils sortent en décembre 1995 « Warcraft II : Tides of Darkness » qui deviendra l’un des premiers jeux à dépasser le million d’exemplaires vendus sur PC. Vous vous en doutez, nous n’avons pas fini de parler de Blizzard Entertainment ; évidemment, ils reviendront bientôt dans cette chronique. (Pas de panique !)

Couverture de Warcraft I (gauche) et gameplay (droite) – (1994) – Blizzard Entertainment
Couverture de Warcraft I (gauche) et gameplay (droite) – (1994) – Blizzard Entertainment

Néanmoins, puisque cet article commence à s’étirer de manière incontrôlable, je vais devoir y mettre un terme. Et là, vous vous dites : « Mais ! Il en manque ! ». Et bien ne vous inquiétez pas, je reviendrai très vite (cette fois-ci) pour conclure sur cette décennie si riche en termes de nouveautés qu’elle ne peut être explicitée en un seul épisode. Réjouissez-vous, nombre de consoles et de jeux nous attendent encore dans les années 90’. En attendant, je ne vous souhaite que d’avoir eu du plaisir en lisant ce premier résumé du quatrième grand chapitre canonique !

5

Syskel

 

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