Tyranny

Après Pillars of Eternity, le studio Obsidian entertainment remet le couvert avec un nouveau RPG isométrique : Tyranny. Jeu qui s’inscrit dans l’héritage direct de la série des Baldur’s gate et des RPG à l’occidentale, il sait intelligemment s’affranchir des codes du genre pour nous proposer une expérience de jeu de rôle inédite et captivante. Sortez vos épées de leur fourreau, révisez vos sorts, nous allons défricher tout un genre.

Développeurs : Obsidian entertainement
Éditeur: Paradox Interactive
Date de sortie : 10 novembre 2016
Genre : RPG (Role Playing Game)
Plateforme : Windows, OS X, Linux

L’histoire dont vous êtes le méchant

Tyrrany ne s’inscrit pas dans un univers fictionnel existant déjà. Contrairement à Baldur’s gate où le joueur évoluait dans le monde des Donjons & dragons, les développeurs ont pris le parti de proposer aux joueurs un univers inédit. Mais plus encore, le jeu ne propose pas de sauver le monde mais de parachever son asservissement. Pour la première fois dans le genre vous allez être confrontés à des choix moraux qui sortent des modèles manichéens traditionnels et qui vous présentent une profonde réflexion sur le sens du mot justice.

Kyros, le leader suprême, qui a déjà conquis la quasi-totalité du monde connu, s’apprête à lancer son offensive sur la dernière portion de terre qui échappe encore à son contrôle : les royaumes des tiers. C’est à ce moment que vous et votre personnage intervenez en tant que scelleur de destin. Vous êtes un agent aux ordres de Kyros et de son vassal Tunon, l’Archonte de la Justice. Il est de votre devoir de les servir dans cette guerre. Deux armées sont à votre service, les Disgraciés et le Cœur écarlate qui ont des visions fondamentalement opposées de la guerre et de la conquête. Leurs leaders respectifs, des Archontes également, sont sous l’autorité de Tunon.

Comme dans la plupart des RPG, Tyranny commence par la création de personnage qui vous propose un choix relativement limité en matière de physique. Pas besoin de trop s’y attarder, car au final, c’est le portrait que vous choisirez qui incarne le plus l’identité visuelle de votre personnage. Puis il vous est demandé de choisir l’histoire, ou plus précisément la carrière, de votre personnage avant la guerre ; en somme quelles circonstances vous ont conduit à servir Tunon. Enfin, vous aurez à choisir vos armes ou sorts, ainsi que placer vos points de compétences ainsi que d’attributs en fonction.

À ce moment, Tyranny, en guise de prologue, vous propose de participer aux trois premières années de la conquête des tiers. Cette étape se présente comme une carte interactive. En tant que serviteur de Tunon, vous avez alors à choisir quelles régions seront attaquées et plusieurs choix circonstanciels vous demanderont de prendre parti soit pour le Cœur écarlate, soit pour les Disgraciés. Les décisions que vous prenez à ce moment influent directement sur l’univers dans lequel vous évoluez et notamment le rapport qu’entretiennent les diverses factions avec vous.

J’asservis, ou je massacre ? C’est une question d’affinité.

Les trois années de conquête terminées, le jeu commence enfin. Les royaumes des tiers ont été conquis mais une révolte éclate et vous êtes alors chargé d’aller l’écraser à l’aide des deux armées, les Disgraciés et le Coeur écarlate. Les décisions et les partis pris que vous allez avoir à faire durant ce premier chapitre détermineront, en grande partie, la suite et la fin de votre aventure.

Disgracié ou Cœur écarlate ? C’est au choix, mais il y en a d’autres aussi.

Un gameplay entre deux âges

Dans Tyranny, les très nombreux choix lors des dialogues vous conduisent à choisir les factions que vous allez soutenir et celles contre lesquelles vous allez vous battre. Avec un indice de loyauté et de peur, chaque faction, compagnon ou Archonte se positionne à votre égard. Inutile de vouloir satisfaire tout le monde, vous allez vite devoir choisir envers qui vous serez loyaux et surtout avec qui vous finirez le jeu.

Le gameplay du jeu ne rompt pas fondamentalement avec l’héritage de Baldur’s gate. La vue isométrique monodirectionnelle est conservée. De même pour le combat, les pauses restent de rigueur. Si vous êtes un habitué du genre rien ne vous surprendra à ce niveau. Néanmoins, quelques pointes d’innovations sont apportées, telles l’ajout de compétences collaboratives entre vous et vos compagnons, et le système de sorts très ingénieux, qui rompt avec l’aspect RPG papier de la série Baldur’s gate.

Cependant c’est peut-être sur les aspects de gameplay que les faiblesses de Tyranny apparaissent. Les combats sont malgré tout relativement brouillons ; de plus, le nombre de compagnons disponibles est très faible et ne laisse pas vraiment de choix ; le système d’équipement demeure encore très basique ; enfin le système de craft et d’enchantement auraient mérité, eux aussi, d’être davantage développés. Néanmoins Tyranny reste très agréable à jouer. Le gameplay, malgré ses défauts, est intuitif et peut très vite s’avérer jouissif.

C’est quand même bien plus beau que les Baldur’s Gate.

Alors, tradition ou révolution ?

Tyrrany mérite amplement les critiques élogieuses faites à son égard. Si nous aurions pu espérer peut-être davantage d’innovation au niveau des mécaniques de jeu, l’essentiel et même plus est au rendez-vous. La direction artistique est envoutante, de même que certaines musiques qui sauront vous donner quelques frissons. Mais la réelle révolution de ce jeu se situe dans sa narration : elle arrive à vous mettre face à vos propres convictions ; mais surtout elle vous donne la possibilité, et ceci dès le début du jeu, de choisir la suite de l’histoire. Peut-être allez-vous regretter vos choix, vous serez alors sûrement tentés de recommencer une partie et décider de choisir autrement. Ce qui permet au jeu d’avoir une rejouabilité très intéressante et qui casse avec la linéarité de certains autres RPG.

Néanmoins la fin du jeu arrive un peu vite et laisse le joueur avec un arrière-goût d’inachevé. Nous pourrions nous attendre à un contenu encore plus riche, surtout que la mappemonde semble nous le suggérer. Mais nous pouvons sans doute nous attendre à ce que du contenu supplémentaire soit ajouté par la suite.

Obsidian avait déjà réussi le tour de force de remettre au goût du jour le RPG à la mode Baldur’s gate avec Pillars of Eternity. Tyranny dépasse encore le maître en réussissant à mettre en place une narration qui sait intelligemment s’affranchir des codes du genre. On s’y plonge très rapidement et, arrivé au générique de fin, on ne peut plus qu’attendre patiemment la suite, en tentant une nouvelle partie avec d’autres choix.

Les pours et les contres

+ La narration La fin qui arrive trop vite
+ Le background Les combats brouillons
+ Les dialogues Système d’équipement et d’objets trop linéaire
+ Le prologue Système de craft et d’enchantement un peu pauvre
+ Les choix proposés Trop peu de compagnons
+ La direction artistique
+ Le système de sorts
+ Combats intuitifs
+ Innovation du genre

SamSam

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