Le Banquet #2

Bienvenue dans le deuxième numéro du Banquet, une chronique où l’on parle de jeux courts et pas cher, le tout présenté sous la forme d’un repas copieux ! 

Le hors-d’œuvre – Human Resource Machine

Optimisons notre temps avec une petite mise en bouche de qualité: Human Resource Machine, disponible sur iOS, Android, PC et Nintendo Switch.

Par le studio indépendant qui nous a offert les très bons World of Goo et Little Inferno, cette perle d’ingéniosité vous propose une introduction bon marché et efficace à la programmation. Dans ce jeu à l’esthétique simple mais charmante, vous incarnez un employé soustrait à la hiérarchie qui doit se plier aux exigences les plus particulières de ses patrons de pixels, vous demandant de créer des algorithmes en glissant du doigt des commandes mathématiques en suites logiques… Ou, pour parler plus simplement, il va vous falloir créer un plan précis pour effectuer des calculs plus ou moins retors. Il ne va jamais être question d’utiliser vos méninges pour appliquer les opérations, mais plutôt de trouver l’ordre idéal de la séquence afin que tout cela s’effectue automatiquement et sans interruption (1. « prendre un premier nombre », 2. « prendre un deuxième nombre », 3. « additionner ces deux nombres », 4. « donner la réponse », 5. « recommencer »). Dès que vous aurez trouvé la solution pour un niveau, on vous invitera à améliorer votre code afin d’avoir le moins de lignes et/ou le moins d’étapes effectuées. Croyez-le bien, le challenge est de taille à partir de la moitié de l’expérience ! Et même si les développeurs ne vous proposent « que » quarante-deux (42) étages, vous passerez une grande partie de votre temps à vous creuser la cervelle pour trouver les meilleures solutions. Enfin, n’oubliez pas, les hors-d’œuvre sont là pour être partagés, tout comme Human Resource Machine qui possède une courbe de progression idéale pour presque tous les publics et tous les âges !

Thomario

L’entrée – Fast RMX

Attaquons maintenant avec quelque chose de plus consistant: FAST RMX sur Nintendo Switch.

Les fans Nintendo de la première heure attendent depuis bien longtemps leur nouveau soft de la franchise F-Zero… et ils vont malheureusement encore devoir ronger leur frein (littéralement), mais pas sans compensation. En effet, FAST RMX est une sorte de suite spirituelle du jeu de courses futuristes de Big N, surfant sur la tendance tout en apportant sa touche de fraicheur. La prise en mains est rapide et le fun immédiat ! C’est tout simplement grisant après une poignée de secondes de jeu. L’ensemble est servi accompagné d’un menu sobre, pratique et efficace qui vous lancera dans l’expérience instantanément sans vous encombrer de divers choix futiles ; en trois ou quatre pressions sur un bouton, la piste est déjà sous vos yeux. Alors, oui, le jeu n’est pas techniquement irréprochable — chose qui est toujours regrettable lorsqu’un développeur cherche à vous en mettre plein la vue — mais les décors sont suffisamment grands, variés et lumineux pour vous donner envie d’y retourner rapidement. Contrairement à son prédécesseur sur Wii U (FAST Racing NEO), FAST RMX a appris des erreurs du passé en proposant une difficulté adaptée pour tous les types de joueurs, les débutants comme les amateurs du genre. Les modes de jeu ne sont pas légion, mais le contenu est suffisamment dense pour combler tout le monde. La Switch peut donc se vanter d’avoir l’une des meilleures entrées de la console en termes de pur plaisir de jeu, et — encore une fois — c’est plus savoureux à plusieurs ! Avec ses fonctionnalités portatives, le hardware de Nintendo permet de jouer à deux n’importe où, n’importe quand, sur le (petit) écran de la tablette. Évidemment, on perd légèrement en lisibilité, mais imaginez-vous sur une terrasse, dans l’avion ou dans une longue file d’attente avec une connaissance à décider qui sera le pilote le plus rapide de la galaxie… Ça fait rêver sur l’avenir du multi-joueur dans le jeu vidéo !

Thomario

Le plat principal – Oxenfree

Le plat principal de cette édition nous vient tout droit de Californie et nous est cuisiné par les petits chefs de Night School Studio.

Oxenfree est un jeu d’aventure que l’on pourrait plus précisément définir comme un ‘’walking and talking simulator’’. On suit le périple d’un groupe de cinq adolescents, parmi lesquels nous contrôlons Alex, jeune fille aux cheveux bleus. Au départ, ils avaient juste prévu de boire des bières, flirter un petit peu, jouer à une variante ‘’d’action ou vérité’’ où l’on gifle celui qui ment et d’aller faire les imbéciles dans une grotte, tout cela sur une île servant de parc et de musée historique militaire à ciel ouvert. Mais, premier conseil de survie de ce jeu : ne jamais jouer avec les fréquences d’une radio dans les grottes ! En effet, Alex va réveiller quelque chose de mystérieux qui va les retenir sur les lieux toute la nuit. S’ensuit une grande ballade sur l’île pour trouver un moyen de mettre les voiles (au sens propre comme au figuré).

Bénéficiant d’une direction artistique tout aussi travaillée qu’agréable et d’une OST magnifique, Oxenfree est également extrêmement intéressant sur le fond. Inspiré notamment du genre des slashers et teinté de fantastique, le titre dégage une grande maturité tant dans les thèmes abordés qu’au travers de ses personnage. Il traite, entre autres, de la famille, du deuil et de l’adolescence (évidemment). Ses personnages sont très bien humanisés bien qu’il soit difficile de déceler leurs animations faciales vu la distance qui nous sépare d’eux ; c’est Alex qui remporte haut la main le test du charisme malgré le fait que l’on décide souvent de ce qu’elle va dire. Elle bénéficie en effet d’un doublage parfait tout en nuance qui lui octroie une véritable personnalité indépendante du joueur. Petits points négatifs : elle a une fâcheuse tendance à couper la parole à ses camarades dès qu’on sélectionne une bulle de dialogues et le tout est en anglais (textes et voix), ce qui peut rendre les discussions parfois difficiles à suivre.

Le jeu permet plusieurs degrés de lecture, notamment de par le fait qu’il offre la possibilité de vivre une deuxième fois l’aventure (et plus pour les plus déterminés), ce qui, sans trop en dévoiler, permet de comprendre davantage l’histoire. Une aventure qui se raconte d’ailleurs très bien et n’est ni trop courte ni trop longue, un très bon jeu narratif, donc.

fcbat

Les fromages – Besiege, Clustertruck

En attendant le dessert, un petit quelque chose pas trop lourd à vous mettre sous la dent.

Fameux sur Youtube et sur les sites partageant des vidéos virales comme buzzfeed et 9gag, Besiege est un jeu de construction dans lequel on doit créer des engins de siège moyenâgeux. On a à notre disposition toutes sortes de pièces, permettant de créer des engins se déplaçant sur terre, un jour peut-être en mer et dans les airs. Pour triompher de vos adversaires, il faudra être créatif. Bien sûr, le joueur lambda que je suis a finalement créé uniquement des catapultes, mais il est possible de construire tout et n’importe quoi : un engin motorisé pouvant se mouvoir à toute vitesse et de détruire des armées entières grâce à des scies circulaires, un bombardier capable de se déplacer sur de longues distances dans les airs, ou encore un robot humanoïde de 15 mètres de haut, tout est possible ! Et ce avec des pièces de bois et des rouages de pierre ! Si la construction de pareilles folies vous décourage, sachez que vous pouvez télécharger les engins des autres joueurs !

Clustertruck est lui aussi un jeu basé sur la physique, un jeu de plateformes dans lequel on saute de camion en camion pour atteindre la ligne d’arrivée de chaque niveau. Le soft se corse petit à petit et il va falloir timer ses sauts ! Un chouette petit jeu de plateformes à la première personne aux graphismes minimalistes !

Ante

Le dessert – Life is Strange

Pour couronner un repas goûtu, j’aimerai vous parler de Life is Strange.

Dubitatifs, vous vous demandez peut-être pourquoi ce jeu narratif épisodique se retrouve dans le Banquet, une chronique où on parle de petits jeux. En fait, ce n’est pas tant qu’il n’y a rien à dire dessus, mais c’est surtout qu’on ne peut pas en parler en long en large et en travers à cause de son côté narratif. En effet, c’est l’histoire qui donne sa saveur au soft, et la spoiler ne servirait qu’à gâcher l’expérience. C’est pourquoi je vous en parle ici : c’est un jeu très beau visuellement, avec une très bonne soundtrack, un gameplay intéressant et, surtout, une histoire très réussie. Un must-have !

Ante

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