Mario Kart 8 Deluxe

Il est presque difficile de croire que Mario Kart 8, l’original, est sorti depuis déjà plus trois ans sur la console asthmatique qu’était la Wii U… Pourtant, force est de constater que Nintendo n’a pas la mémoire courte, puisque la société nippone a décidé de dépoussiérer son petit bijou pour son autre joyau du moment: la Switch. Mario Kart 8 Deluxe est — comme son nom l’indique — une version améliorée du jeu sorti en 2014. En vente depuis le 28 avril 2017, cette nouvelle mouture offre-t-elle suffisamment de contenu supplémentaire pour mériter le « double-dip » ? Et/ou a-t-elle passé l’épreuve de l’âge afin que même un nouveau venu puisse y trouver son plaisir ? Je vous propose de répondre à ces questions en vous mettant en piste tout de suite. Voici ma review de Mario Kart 8 Deluxe… 3, 2, 1, PARTEZ !

Développeur : Nintendo
Date de sortie : 28 avril 2017
Console : Nintendo Switch
Genres : Course-fun

Ligne de départ

Mettons un peu d’ordre sur la ligne de départ avant de s’attaquer aux choses sérieuses. Mario Kart 8, le premier jeu, possédait — à sa sortie — trente personnages jouables, trente-deux courses et un mode Bataille claudiquant. Deux DLCs ont ensuite fait leur apparition, rajoutant six protagonistes et seize pistes supplémentaires pour un joli total de trente-six pilotes et quarante-huit circuits.

Pour analyser la version Deluxe de ce jeu vidéo, il est donc important de catégoriser trois types de joueurs: les premiers ayant touchés uniquement à Mario Kart 8 sans son contenu téléchargeable ; les seconds ayant acquis ce dernier ; et enfin, le reste, n’ayant tout simplement pas joué à cet épisode de la série. Au terme de cette lecture, je vais tenter de vous offrir une réponse à l’intrigue de cet article pour chacun des types de gamers mentionnés.

Bowser Jr. fait partie des nouveaux personnages du jeu.

Tour 1

La question qui vous déchire les lèvres est sans doute: « quel est le nouveau contenu de la version Deluxe ? ». Eh bien, croyez-le ou non, il n’est pas très conséquent sur le papier: plus ou moins six nouveaux coureurs (dont les Inkling, tirés de Splatoon) et un mode Bataille revisité. Le reste des nouveautés est anecdotique, mais nous y reviendrons tout de même plus loin. Évidemment, toutes les données du jeu de base (DLC inclus) sont présentes dans Mario Kart 8 Deluxe, ce qui en fait le plus complet des Mario Kart à ce jour. Mais trêve de comparaisons numériques, vous voulez sans doute savoir ce qu’apportent réellement tous ces ajouts.

La communication de Nintendo a été très claire: c’est la refonte du mode Bataille qui est mise sur le devant de la scène. Celui du premier jeu démontrait de gros signes de faiblesse, voire de bâclage. En effet, il est fort probable que Big N, à l’époque où sa console de salon peinait à s’écouler, ait voulu accélérer le développement de sa pseudo-simulation de courses, mettant de côté certains modes de jeu qui faisaient pourtant la force des précédents opus de la saga.

On est ici bien loin de l’ennui provoqué par les anciennes arènes de bataille. Dans Mario Kart 8 Deluxe — osons le dire — ce n’est que du fun ! Avec ses huit arènes (dont trois revisitées, piochées dans d’anciens volets) et ses cinq catégories différentes, vous n’allez clairement pas vous ennuyer. Vous pourrez vous faire éclater les ballons, collectionner des pièces, dégommer vos adversaires à coups de Bob-omb, jalouser le soleil ou jouer à « Police et Voleur » ; tout cela, sans besoin de didacticiel. C’est intuitif, grisant, parfois injuste, mais toujours drôle. Certes, tous les modes ne sont pas égaux, et certains ressortent particulièrement: c’est le cas de « Capture de Soleil » qui est celui qui provoque sans doute le plus de crises d’hystérie. Le tout est même accompagné de deux nouveaux objets présents pour rajouter du chaos dans vos parties: le Boo et la Plume (qui a été aperçue pour la première et dernière fois dans Super Mario Kart).

La catégorie la plus ancienne du mode Bataille. Faites exploser les ballons de vos adversaires !

Tour 2

Malgré toutes ces améliorations, pour un joueur comme moi, amoureux des circuits et moins des arènes, il est vrai que Mario Kart 8 Deluxe pourrait décevoir par son manque d’innovations du côté des courses à proprement parlé. En effet, les coupes et les parcours sont les mêmes que dans le premier épisode (DLC compris). Néanmoins, il est important de préciser que ces quarante-huit pistes sont parmi les plus travaillées de la série, et offrent suffisamment de variétés pour ne pas se lasser, même après y avoir joué des dizaines de fois. Vous aurez toujours autant de plaisir à passer en mode anti-gravité, à plonger dans les profondeurs de l’océan ou à vous envoler grâce à votre aile delta.

Mais la force de cette version Deluxe est surtout puisée dans les fonctionnalités révolutionnaires de la Nintendo Switch… Vous n’êtes maintenant plus cantonnés à votre salon: vous pouvez jouer partout à vos pistes (et arènes) préférées. Dans le métro, le train, l’avion, un parc, pendant un souper de Noël, chez votre grand-mère, etc. Mieux encore, vous avez toujours avec vous deux manettes, puisque les Joy-Cons peuvent se désolidariser de la tablette et former deux pads différents. Il est donc plus qu’aisé de jouer à plusieurs n’importe quand et n’importe où avec une seule Switch qui scinde son écran en deux sans perte de qualité ou de lisibilité.

De plus, la console se vante de pouvoir se connecter simultanément à sept autres de son espèce pour créer des parties de pure folie. L’aspect multi-joueurs local est alors sublimé dans ce soft qui possède — en plus — un contenu dantesque.

Pour le online, Nintendo ne change pas beaucoup sa recette, mais tente d’ajouter quelques nouveautés bien pensées. On est, évidemment, très loin des paramètres disponibles et de la stabilité de chez la concurrence, mais il est apprécié de voir que, dans la team de développement, on fait de gros efforts pour satisfaire le joueur Internet. Il est — par exemple — maintenant possible de changer de protagoniste et de véhicule entre chaque match sans perdre la connexion. Un autre petit détail qui fait la différence est la possibilité de voir le nombre de tours restants en mode spectateur, quand vous rejoignez une partie en cours.

Dans tous les cas, jouer avec ses amis ou des inconnus est très facile dans Mario Kart 8 Deluxe. La sobriété de l’interface rend les parties et l’organisation de tournois tout aussi simples, mais n’enlève rien au fun. La connexion est rapide et efficace. Et — comme dans le précédent volet — on peut être deux sur le même écran tout en s’éclatant en ligne.

En écran partagé, on ne perd aucune qualité de l’image. Aussi bien sur la télévision que sur la tablette.

Tour 3

Il est évident que Mario Kart 8 Deluxe trouve ses lettres de noblesse dans son aspect communautaire, mais qu’en est-il du mode solo ? Ce troisième tour va mettre l’accent sur tout ce que vous pouvez faire seul et sans Internet ; il est temps de laisser tout le monde derrière et de caracoler à la première place.

Comme répété plusieurs fois, cette nouvelle version de Mario Kart 8 possède tout le contenu de son prédécesseur. Ce qui inclut quarante-huit circuits répartis en douze coupes ; le tout compris dans cinq modes de difficulté: 50cc, 100cc, 150cc, Miroir et 200cc. Tenter de terminer ces deux-cent-quarante pistes avec un joli grade de une à trois étoiles peut déjà vous occuper des dizaines d’heures. Mais cela ne s’arrête pas là, car, même si la majorité des éléments présents dans le jeu est déjà débloquée dès que vous allumez la console pour la première fois, il reste une grosse quantité de morceaux de karts à gagner en collectant des pièces dans le jeu. Et il va vous falloir faire bien plus que ces deux-cent-quarante courses pour tout acquérir !

Le mode Contre la Montre offre quant à lui une durée de vie supplémentaire non négligeable. Si vous aimez le challenge, je vous invite à essayer de battre chaque fantôme de développeur en mode 150cc, puis en mode 200cc (ces derniers fantômes étant une exclusivité du Deluxe). Pour rappel, un fantôme de développeur est un record implémenté par la team de création du jeu sur un niveau, que vous pouvez affronter à l’infini. Autant les versions 150cc représentent déjà un effort non-négligeable, autant les 200cc sont parfois un cauchemar sans nom. Cela dit, vous ressentirez une satisfaction tout aussi grande une fois le concurrent écrasé.

Ajouté à tout cela, n’oublions pas qu’il est tout à fait possible de jouer en mode Bataille seul, même s’il faut admettre qu’une grande partie du plaisir et des fous rires n’est pas forcément au rendez-vous.

Ensuite, attardons-nous sur d’autres petites nouveautés qui semblent anodines en surface, mais qui offrent plus de profondeur au gameplay que l’on aurait pu espérer. En effet, il est maintenant possible de tenir deux bonus en même temps pendant une partie, ce qui renvoie à un mode de jeu plus traditionnel qui apparaissait dans tous les Mario Kart avant le huitième épisode. En effet, ce dernier avait changé la recette en ne permettant pas de tenir — par exemple — une carapace derrière son kart tout en ayant un autre objet de réserve (ce qui avait presque toujours été possible jusque-là). Grâce à ce système du double-bonus, c’est donc une chose réglée. Même si cet ajout rend certaines parties encore plus chaotique qu’à l’accoutumée, elle rééquilibre néanmoins l’entier du soft. De plus, cette nouveauté arrive de paire avec le retour des doubles-boîtes de bonus disséminées sur chaque piste à des endroits parfois difficile d’accès ; un aspect « risque-récompense » des plus apprécié.

Vous êtes peut-être familiers avec le fait que déraper dans Mario Kart 8 vous procurait un ou deux boosts temporaires ; eh bien, dans le jeu qui nous intéresse ici, une troisième accélération est possible. Bien entendu, il va falloir prendre un très long virage pour l’obtenir, ce qui rend son apparition aussi rare que jouissive. Encore une fois, il s’agit d’un tout petit élément qui — finalement — donne plus de possibilités qu’attendu.

Enfin, mentionnons que cette dernière mise à jour du jeu possède de très beaux graphismes qui n’ont rien à jalouser les autres consoles de cette génération. De plus, seul ou à deux joueurs, le tout carbure aux 60fps avec une excellente stabilité. C’est beau et fluide: exactement ce qui est attendu d’un jeu vidéo de course !

Mario Kart prend des airs de Super Smash Bros. avec tous ses univers mélangés.

Résultats

Nous sommes arrivés au terme de notre course et de notre review, et voici ce que j’ai pu en conclure: Mario Kart 8 Deluxe est un excellent jeu quelle que soit votre expérience avec son petit frère de la Wii U. Bien sûr, ne nous voilons pas la face: moins vous avez joué à la première mouture, plus vous aurez de bonheur à découvrir celle sur Switch. Cela dit, le contenu de ce jeu de compétition est tellement immense, et sa rejouabilité si importante, qu’il va vous être difficile de lâcher la manette.

Pour les joueurs vétérans — comme moi — toutes les petites nouveautés anecdotiques citées plus haut peuvent tout de même changer la façon d’appréhender les différents parcours, tout en donnant une sensation de fraîcheur non-négligeable. Je n’ai pas honte de dire que j’ai à nouveau passé des dizaines d’heures à tout débloquer. Et, franchement, c’était que du bonheur !

Les pours et les contres

Toutes les coupes de Mario Kart 8 …mais malheureusement aucun circuit supplémentaire
+ Le mode Bataille aussi fouillé que travaillé, offrant des heures supplémentaires de durée de vie et surtout du rire à n’en plus finir On aimerait bien pouvoir configurer un peu plus le mode Bataille
+ L’univers de Splatoon intégré à celui de Mario en compagnie de F-Zero, Zelda, Animal Crossing et Excite Bike Plus de variété dans les arènes aurait été une bonne chose, mais on chipote là
+ Le online a été bien amélioré… …mais souffre encore de quelques défauts et ralentissements gênants
+ Le plus gros contenu pour un jeu de course à ce jour
+ L’expérience Mario Kart ultime, tout simplement

Thomario

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