Okami HD

Le 12 décembre 2017 est sorti sur les consoles next-gen et sur PC le remaster HD d’Ōkami, jeu développé sur la PlayStation 2 et distribué en 2006 au Japon. Malgré un succès critique unanime dès son arrivée — le soft étant acclamé pour sa direction artistique et son gameplay innovant — il n’a pourtant pas explosé les ventes de l’époque ; bien au contraire. Et même si ces dernières furent relativement minces, le jeu est devenu un classique instantané, qui fut porté sur Wii deux ans plus tard, puis sur PlayStation 3 en 2012, avant le remaster qui nous intéresse, disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC, sorti en fin 2017. Qu’en a pensé un nouveau venu comme moi ? Retour sur Ōkami, un jeu iconique.

Développeur : HexaDrive
Date de sortie : 12 décembre 2017
Plateformes : PS4, Xbox One, PC
Genre : Action-Aventure

À la découverte d’une légende

Profitant des vacances post-examens, je me suis plongé dans un univers que je connaissais uniquement de nom, dans lequel je ne suis jamais entré. Probablement car, à l’époque, le jeu ne me parlait pas plus que ça ; je ne me suis jamais intéressé à Ōkami, même si j’étais au courant de sa notoriété. Avec ce remaster plutôt bon marché disponible sur PC, je n’avais plus d’excuse pour ne pas m’y mettre, et l’expérience valait, à plusieurs égards, clairement le détour. Cependant, je ne sais pas si, à l’époque actuelle, le jeu tient encore la route. Certains partis pris m’auront surpris en bien, tandis que d’autres auront eu l’art de me gonfler. Retour, donc, sur le monument qu’est Ōkami.

Une sacrée patte graphique

Probablement une des raisons principales de son succès critique et de sa transformation en icone, la direction artistique est au poil et se doit d’être saluée. Les graphismes, inspirés des peintures traditionnelles japonaises, ont un côté épuré très appréciable qui, couplé au jeu sur les couleurs et à l’utilisation de cel shading, donne un rendu agréable à l’œil. Le clair-obscur est abondamment utilisé pour faire ressortir les thèmes du jeu visuellement, et cela fonctionne, globalement, très bien. De plus, les animations vont de pair avec la patte graphique, donnant au jeu une fluidité impressionnante. On se retrouve, au final, face à un visuel d’excellente facture. Il faudra cependant noter que le jeu, même en 1080p et avec les options graphiques au maximum, a l’air un peu flou, ce qui est un peu dommage vu l’effort mis dans la réalisation. Un autre point qui n’est certes pas gravissime, mais qui se fait sentir par moment, c’est la limite du taux de rafraîchissement à 30 images par secondes. Cela se remarque surtout dans les moments où l’on sprint, ou lorsqu’il y a beaucoup d’action, et vient par moment casser le dynamisme du jeu, ainsi que l’immersion.

Ce que je veux dire quand je parle de flou. Rien de bien méchant, mais c’est tout de même notable.

Tout un folklore

Ōkami signifiant littéralement « grande déesse » ou « loup », dépendamment de la façon dont on l’écrit en japonais, on peut imaginer de quoi parle le jeu.

L’histoire démarre par un flash-back d’une demie-heure : dans un pays inspiré du folklore japonais appelé le Nippon, un démon du nom d’Orochi terrorisait une petite bourgade appelée le village Kamiki. C’était sans compter l’intervention héroïque d’une louve blanche nommée Shiranui et d’un guerrier appelé Nagi, qui combattirent le monstre vaillamment et qui le scellèrent, au sacrifice de Shiranui, dans l’épée de Nagi. Cent ans passèrent paisiblement, jusqu’à ce que le descendant de Nagi, nommé Susano et décrit comme étant un flemmard et un incapable, libère Orochi, qui maudit le Nippon et transforme le pays en une vaste étendue sombre rongée par l’obscurité. C’est dans ces condition que Sakuya, l’esprit des bois et la gardienne du village Kamiki, invoque Amaterasu, la déesse du soleil, qui apparaît comme la réincarnation de la louve Shiranui. Amaterasu, accompagnée d’un petit personnage se proclamant artiste du nom d’Issun (mais que tout le monde prend pour un insecte), part en quête des techniques du pinceau céleste, qu’elle utilisera pour restaurer les dégâts causés par Orochi et le vaincre.

Le jeu fait preuve d’humour dans les dialogues, qui se retranscrivent visuellement.

On avance, donc, en quête des anciens dieux maîtrisant ces techniques du pinceau céleste, jusqu’à arriver à un combat épique contre Orochi. Après une bataille acharnée qui semble être celle d’un boss de fin, une vingtaine d’heures de jeu plus tard… On découvre que l’aventure est loin d’être terminée.

Après un combat dantesque… Eh bien l’aventure ne fait que commencer !

Bien que l’histoire soit intéressante et qu’elle se passe dans un univers passionnant, toute la partie après la défaite d’Orochi est d’une longueur… Il faut s’accrocher pour parvenir à la fin, et passer outre le découragement de ce retournement de situation. Je pense que le problème que j’ai avec ce type de plot twist, c’est que cela casse l’aura d’Orochi en plein milieu de l’aventure, en le remplaçant par un méchant encore plus méchant. Cependant, le vrai reproche que l’on peut faire à l’histoire, c’est la façon dont elle est racontée, au-travers de dialogues d’une lenteur hallucinante. Chaque mot apparaît lettre après lettre à un rythme comparable à celui d’un escargot en béquilles, et les textes sont déclamés à la façon d’un Banjo-Kazooie ; ce qui rend, par moment, les dialogues tout bonnement atroces à suivre. Cela dit, le scénario reste d’excellente facture, il faut juste passer outre ces deux éléments.

L’utilisation du folklore japonaise donne lieu à des combats épiques.

Une louve sacrée pour casser les dents des démons

Le jeu se joue à la troisième personne et prend des airs de beat’em’all mélangé à un RPG. Le combat consiste surtout en du mitraillage de bouton, même s’il se développe au fur et à mesure de l’aventure. Ces phases sont déclenchées en rencontrant des ennemis, ce qui fait alors apparaître une arène dans laquelle on doit se démener contre plusieurs monstres. Les éléments RPG se retrouvent dans les compétences et l’inventaire, qui sont plutôt fournis. Le penchant open world du soft permet également d’ajouter une touche de liberté d’action, même si le monde est, la plupart du temps, fermé jusqu’à ce que l’on complète l’objectif principal de la quête en cours. La progression se calque donc sur les jeux The Legend of Zelda classiques, dans le sens où on doit faire plusieurs quêtes plus minimes avant d’atteindre un donjon. Ces derniers suivent aussi une logique similaire à Zelda, dans le sens où ils comptent souvent sur des puzzles que l’on résout par l’introduction d’une nouvelle mécanique de jeu, mais je ne les ai pas trouvé autant mémorables et intenses que dans les aventures de Link. La plupart du temps, ils sont relativement linéaires et notre camarade Issun se fera un plaisir de nous répéter quatre fois la solution des énigmes, rendant certaines phases d’exploration relativement plates.

Plus on avance, plus on ramasse d’objets, plus on devient puissant.

Là où Ōkami se différencie des autres softs du genre, c’est par sa mécanique du pinceau céleste. Au-delà de faire une référence à la patte graphique du jeu et du médium dont elle s’inspire, la peinture traditionnelle japonaise, cet outil est un point central du gameplay. En effet, il sert à beaucoup de choses, comme créer des plateformes, faire fleurir des arbres, et même tuer des ennemis. Le pinceau céleste est donc au cœur du jeu et se fournira en pouvoir au fil de l’aventure. Il s’avérera utile dans toutes les situations auxquelles on est confronté. Pour l’utiliser, on appuie sur un bouton qui met le jeu en pause et applique à l’image un filtre sépia simulant du papier sur lequel on peut utiliser ce fameux pinceau. On peut alors lentement dessiner les différentes formes activant les nombreux pouvoirs à notre disposition à l’aide du joystick. Lentement, car il faut prendre le temps de ne pas foirer entièrement les dessins, pourtant simples. D’ailleurs, dessiner au joystick est plutôt laborieux, même si le jeu est plutôt permissif quant à la façon de représenter les formes attribuées à nos capacités.

Par exemple, le jeu ne chipote pas sur le manque de précision sur ce cercle.

Musique traditionnelle

La composition musicale d’Ōkami se démarque par son utilisation d’instruments traditionnels, proposant des morceaux aux sons originaux, surtout pour une oreille occidentale. Ce qui est impressionnant, c’est à quel point ce genre d’instruments et de sons peuvent tout autant servir à des musiques planantes et détendues de background, qu’à des morceaux dynamiques pour les combats, ou encore des ambiances plus rigolotes pour certains dialogues. Chaque piste a un rôle dans le jeu et la composition musicale est maîtrisée avec brio. Un sans-faute.


Il n’y a pas moins de 186 morceaux dans l’OST complète.

Et le bien triompha sur le mal…

Ōkami se démarque par sa direction artistique, qu’elle soit visuelle ou audio, avec une patte graphique originale et une bande-son remarquable. Ces deux éléments justifient presque à eux seuls son succès et sa notoriété dans le monde vidéoludique. Mais son gameplay, innovant par le pinceau céleste, et son histoire, simple dans ses enjeux, épique et très bien écrite, assurèrent son accès au rang de jeu iconique. Même si le jeu souffre de partis pris qui ne m’ont pas plus parlé que ça, il reste sans conteste un monument du jeu vidéo, qui vaut la peine d’être joué, ne serait-ce que pour se rendre compte de son importance.

Pour et contre

+ Des graphismes sublimes et uniques  Un retournement de situation décourageant
+ Une histoire simple, épique et efficace  Les dialogues pas toujours agréables
+ Une OST d’une excellente facture   Le jeu bloqué à 30 fps
+ Un gameplay original
+ Le folklore japonais dans toute sa splendeur
+ Durée de vie conséquente

Ante

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