Pixels Gaming Awards 2017

L’année 2017 étant terminée, il est temps d’un petit récapitulatif. Contrairement à l’édition précédente, je ne vais pas seulement me contenter d’énumérer quelques softs et donner mon jeu préféré. Non, pour fêter comme il se doit la fin de l’année 2017, je vous propose une remise de prix totalement objective, parfaitement représentative, mais surtout tout à fait officielle, à tel point que les jeux cités pourront se vanter, sur leurs sites officiels et sur leurs futures boîtes, de les avoir reçus.

La sélection d’Ante

Pour récompenser les jeux méritants, j’ai créé cinq catégories. Les quatre premières récompenseront les softs selon les critères sur lesquels je me penche lors de la critique d’un jeu: les graphismes, l’histoire, le gameplay et la musique. La cinquième est là pour couronner le soft qui m’a le plus plu. Chaque catégorie aura un gagnant et trois mentions spéciales. Je vais également tâcher d’avoir un jeu différent à chaque fois, histoire de varier les plaisirs. C’est parti !

Prix « Que tu as de belles textures ! Que ta résolution est grande ! »

Ce prix récompense le jeu dont les graphismes, qu’ils soient en Ultra-HD ou en « pixel art », que j’ai le plus appréciés. Sont pris en compte pour ce trophée la patte graphique, mais aussi les animations et l’optimisation du soft.

Gagnant – Night in the Woods

Night in the Woods est un jeu tout à fait sublime qui prend une esthétique cartoon des plus agréables et réussies. En outre, le choix de couleurs tantôt très chaleureuses, tantôt très froides et sombres, mais surtout le contraste qui est utilisé entre ces deux gammes chromatiques donne au soft une atmosphère mélancolique incroyable. Sous couvert de personnages anthropomorphiques adorables et de décors simplistes mais détaillés, le jeu parle de sujet très sombres, qui contrastent avec les visuels et l’ambiance cartoon, la rendant encore plus mémorable, et son histoire encore plus touchante. Un petit bijou visuel !

Mention honorable #1 – Pyre

Dernier né des développeurs indés Supergiant Games, Pyre hérite de leur patte graphique colorée et détaillée, tout en gardant un côté dessin animé et abstrait impressionnant. Le soft se démarque par les différents styles qu’il mélange, du « visual novel » avec des portraits détaillés des protagonistes, au RPG dans un monde fantastique coloré au style plus cartoon.

Mention honorable #2 – Ken Follett’s The Pillars of the Earth

Difficile de parler de 2017 sans mentionner Ken Follett’s The Pillars of the Earth, le jeu narratif du studio allemand Deadalic Entertainment. Une pure merveille graphique, avec un style mélangeant la peinture et la bande dessinée sans ligne claire. On en ressort avec, en tête, des paysages somptueux et des personnages dont les expressions sont saisissantes de réalisme.

Mention honorable #3 – Stories Untold

Stories Untold sort de l’ordinaire, prenant tantôt l’apparence d’un vieil écran d’ordinateur pour nous proposer une aventure textuelle, tantôt celle d’une base en Antarctique en plein blizzard, ou encore celle du générique d’une série Z des années 80. Il propose alors une expérience unique et mystérieuse qui accroche le joueur à son siège durant ses quatre épisodes.

Prix « Raconte-moi une histoire! »

Ce prix récompense la meilleure histoire à laquelle j’ai pu participer par le biais d’un jeu vidéo. Elle doit m’avoir marqué par son sujet, son traitement de ce dernier, mais aussi par son écriture et ses personnages.

Gagnant – Pyre

Dans le domaine du « branching narrative » (littéralement « narration en branches », définit les softs dont l’histoire peut prendre différents chemins), Pyre est certainement la perle rare. L’histoire est prenante dès les premiers instants: on est recueilli par un trio d’aventuriers qui ont besoin de notre capacité de lecture. L’univers se dévoile alors petit à petit. On se trouve dans une contrée appelée le « Downside », qui sert de purgatoire pour les criminels du pouvoir en place, nommé « Commonwealth ». Il est possible de s’absoudre de ses péchés en participants à une série de rites, dans lesquels deux équipes de trois s’affrontent à la façon d’un jeu de sport. On progresse alors en recrutant toujours plus de monde, quand soudain arrive le rite que l’on attendait: le rite de libération. Mais à ce moment-là, on se rend compte qu’un seul d’entre nous pourra être libéré du Downside, et que les autres devront attendre les prochains rites. Un des personnages que l’on a rencontrés, avec qui on a passé du temps à discuter, qu’on a côtoyé et qu’on a level-up disparaît alors, et on doit continuer de notre côté, avec ce personnage absent. Peu à peu, on se rend compte que les rites vont bientôt cesser, et qu’on ne pourra pas libérer tout le monde. Les dilemmes que Pyre donne au joueur sont incroyablement prenants, et l’attachement que l’on éprouve pour les personnages ne rend les séparations que plus déchirantes. Le fait que le jeu puisse continuer qu’importe quel exilé est libéré démontre la qualité de l’écriture de Supergiant Games et est à saluer. Mieux encore, les rites étant des affrontements entre deux équipes, il est tout à fait possible de perdre, et c’est alors une des adversaires qui est libéré, et l’histoire avance quand même, de manière cohérente et touchante. Les différentes fins, dans toutes leurs subtilités (avec environ vingt personnages libérables, alliés comme adversaires), ajoutent une rejouabilité des plus appréciable. Un must-have dans le domaine du jeu narratif.

Mention honorable #1 – Stories Untold

Stories Untold est un petit jeu en quatre épisodes au premier abords dissociés les uns des autres, jusqu’à ce que l’épisode final les lie avec brio. Il est impressionnant de voir à quel point, de part son choix de lieux, personnages et histoires différentes, Stories Untold parvient à parler de thèmes très sombres comme la mort, le déni et la culpabilité de façon originale et pertinente.

Mention honorable #2 – Night in the Woods

Démontrant une maîtrise impressionnante pour son sujet ainsi qu’une écriture poignante et marquante, Night in the Woods est dans le top de cette année en terme d’histoire. Sous couvert de graphismes cartoons adorables, le jeu traite de thèmes comme les troubles dissociatifs ou le fait d’être un paria de manière mature et intelligente, ce qui est très appréciable.

Mention honorable #3 – VanQuish

Le port de VanQuish sur PC de cet été me permet de le mentionner pour son scénario loufoque et hilarant. Dans une histoire digne des plus grands films de séries Z, des américains affrontent des russes communistes dans l’espace avec des personnages stéréotypés des plus drôles. Une histoire déjantée qui justifie à elle seule l’achat du jeu.

Prix « On va bien s’amuser ! »

Ce prix récompense le jeu qui avait le meilleur gameplay. Qu’il s’agisse d’un jeu de stratégie, d’un FPS ou d’un jeu narratif, si un soft m’a suffisamment tenu accroché à ma manette ou mon clavier, alors il mérite ce prix.

Gagnant – Dishonored 2: Death of the Outsider

Bien qu’il fut parmi mes déceptions de l’année 2016, Dishonored 2 s’est racheté avec de nombreux patchs d’optimisation. Loin d’être parfait pour autant, en terme de rafraîchissement d’images tout du moins, il est tout bonnement incroyable en terme de gameplay, et son extension stand-alone Death of the Outsider, sortie en 2017, me permet d’en parler ici. Si vous avez déjà joué au premier opus, alors il n’y a pas trop de surprise: c’est un jeu d’action/infiltration en première personne mélangeant combat à l’épée et à distance et pouvoirs surnaturels dans un environnement ouvert, laissant au joueur la possibilité de choisir quelle méthode employer. Les nouveautés sont relativement minimes, mais appréciables. Déjà, les niveaux sont plus grands, offrant plus de possibilités d’action et de secrets à découvrir. Ensuite, les pouvoirs de Billie Lurk, personnage rencontré dans Dishonored 2, sont uniques, originaux et offrent un certain vent de fraîcheur. Côté level design, rien à redire, Arcane Studio démontre une nouvelle fois ses talents. Et entre terminer le jeu avec un chaos faible, élevé, sans se faire repérer, sans tuer qui que ce soit, en trouvant tous les secrets ou en se limitant sur les pouvoirs à utiliser, le soft propose une rejouabilité impressionnante, tout comme ses prédécesseurs. Un petit bijou de gameplay et de level-design.

Mention honorable #1 – VanQuish

Impossible de ne pas parler du « cover shooter » de Platinum Games, qui a réussi à entrer dans les annales. En prenant les codes du genre et en les remaniant pour proposer des maps plus ouvertes et un gameplay plus nerveux et dynamique, VanQuish a su se démarquer du reste à une époque où le « cover shooter » saturait.

Mention honorable #2 – Killing Floor 2

Sorti officiellement en fin 2016, Killing Floor 2 a eu droit à plusieurs grosses mises à jour qui valent le détour en 2017. Reprenant les codes du FPS arcade, Tripwire Entertainment s’est amusé à mélanger shooter multijoueur avec slow motion, ce qui est une prise de risque payante, puisque le jeu peut se vanter d’être un des FPS les plus jouissifs de ces dernières années.

Mention honorable #3 – A Hat in Time

Petit jeu indé sorti cet automne, A Hat in Time propose un retour aux jeux de plate-forme 3D comme Super Mario Sunsine et Banjo-Kazooie. Au travers de petites nouveautés comme les chapeaux qui nous donnent des pouvoirs à la demande ou la possibilité de dasher en l’air, le soft est un très bon hommage à ses prédécesseurs qui parvient à rester unique et original.

Prix « Vas-y DJ, fais péter le son ! »

Ce prix récompense le jeu dont la musique marque quand on y joue. J’accorde une préférence pour les softs dont la musique peut s’écouter en-dehors d’une session de jeu. Si un titre réussit à me faire écouter ses morceaux en me baladant en ville, alors il mérite ce prix.

Gagnant – A Hat in Time

Passant tantôt de la musique d’arrière-plan tranquille et rigolote lors des cutscenes, à des morceaux entraînant lors des niveaux, à une soundtrack métal lors des combats de boss, A Hat in Time m’a transporté dans son univers riche au travers de sa musique variée et riche en rythme et en instruments. Une diversité musicale des plus agréable, d’autant que certains des thèmes musicaux de boss sont devenus pour moi des classiques à la première écoute. Mention spéciale aux musiques « Your Contract has Expired » et « Battle for Award 42 », qui sont probablement parmi mes morceaux de jeux vidéo favoris.

Mention honorable #1 – Pyre

Pyre se démarque par une OST en deux exemplaires. Tout d’abord, la musique in-game est tout bonnement incroyable. Elle sait être entraînante, rigolote ou touchante en circonstance. Mais en plus de ça, tous les morceaux ont été refaits uniquement à la guitare pour qu’un ménestrel nous les joue quand on est dans notre base, et je n’ai qu’un chose à dire: chapeau !

Mention honorable #2 – Life is Strange: Before the Storm

Ceux qui me connaissent savent à quel point j’ai détesté ce prequel de Life is Strange, mais, s’il y a bien une chose qu’il faut lui laisser, c’est sa musique, composée de morceaux par divers groupes indés. Elle colle non seulement au jeu et à ses thèmes — aussi mal traités soient-ils — mais est aussi très agréable à écouter en dehors du soft.

Mention honorable #3 – Okami HD

Sorti à la toute fin 2017, le remaster d’Okami m’a permis de découvrir les nombreuses excellentes musiques du jeu originellement sorti sur PS2. Avec des musiques tantôt planantes, tantôt sombres et dynamiques, toutes dans un style asiatique très traditionnel, que ce soit par les instruments utilisés ou le rythme, le soft vaut clairement le détour, ne serait-ce que pour son OST.

Prix « Jeu de l’année »

Le tant attendu prix, celui qui récompense le jeu qui m’a le plus plu. Le jeu qui m’a transporté dans une expérience riche, qu’il s’agisse de ses graphismes, de son histoire, de son gameplay ou de sa musique. Un jeu qui m’a fait oublier la notion du temps. Un jeu… parfait ?

XCOM 2: War of the Chosen

Difficile pour moi d’imaginer un autre jeu à sa place, du moins de ceux auxquels j’ai joués, tellement il était réussi en tout points. Que ce soit par ses graphismes, son histoire, son gameplay ou sa musique, il a su me transporter durant une centaine d’heures dans son univers futuriste dystopique dans lequel les aliens ont pris le pouvoir de la Terre. Mesdames et Messieurs, je vous présente mon jeu de l’année 2017, l’extension du jeu de stratégie XCOM 2, XCOM 2: War of the Chosen.

La menace alien dans toute sa splendeur

La première chose qui frappe quand on lance War of the Chosen, ou simplement XCOM 2, ce sont les graphismes. Déjà par leur côté réaliste légèrement stylisé qui donne une touche unique au look général du soft, mais surtout car l’extension rajoute plusieurs zones de jeu au design qui leur sont propres, et qui sont tout bonnement sublimes. Je pense notamment aux villes abandonnées avec leur esthétique grisâtre et une insistance sur l’utilisation du vert qui vient contraster avec la morosité du paysage. Je pense également aux bases des aliens, qui sont des entrepôts futuristes avec plein de salles à l’ambiance claustrophobe dans lesquelles ont peut voir des armes extraterrestres et des technologies futuristes. Un autre point majeur, ce sont les animations. Elles sont géniales, fourmillantes de détails et d’attention, et le rendu est tout bonnement saisissant. Enfin, un dernier point — et non des moindres — c’est l’optimisation. Le jeu tourne étonnamment bien pour un rendu d’une telle qualité. Tous les ingrédients d’un soft incroyable, et ce n’est que le début !

Les extraterrestres ont gagné ?!

À la fin du premier opus, XCOM: Enemy Unknown, on arrivait à vaincre une sorte de boss des aliens et on nous disait qu’on avait gagné… Mais ce n’était pas le cas. En effet, entre le premier et deuxième épisode, de nombreux événements se sont passés, notamment la chute de l’humanité et la prise de pouvoir des extraterrestres. Non contents de nous dominer, ils ont également enlevé le commandant que l’on jouait dans Enemy Unknown. Heureusement, il est vite sauvé par la résistance, et c’est à ce moment-là que XCOM 2 démarre. On découvre alors très vite que les aliens vont lancer un projet dont l’objectif est inconnu, mais dont les conséquences seraient atroces pour l’humanité. Ni une ni deux, on s’organise avec les groupuscules de résistants préexistants pour repousser la menace alien. Une course désespérée contre la montre est alors lancée, et le joueur se retrouve à devoir gérer le temps qu’il accorde aux différents éléments de sa base, au risque que le projet Avatar aboutisse. On découvre alors peu à peu en quoi consiste ce projet, mais la répression extraterrestre est forte ! Trois assassins spéciaux vont tenter d’anéantir votre résistance, et il faudra également les éliminer. À quoi accorder le plus d’importance ? Où investir les ressources ? Qui sauver ? Telles sont les questions qu’il faudra se poser pour venir à bout des envahisseurs venus d’une autre planète !

Dur labeur de résistant

Le gameplay se divise en deux axes distincts: la gestion de la base, et les combats. Cette première reste le point central du jeu, puisque c’est elle qui va initialiser des phases de combats et qui peut les influencer. Il faudra alors construire notre base, engager des soldats, des scientifiques et des ingénieurs, développer des armes, faire des recherches sur les corps des extraterrestres, contacter les groupes de résistance locaux, établir des connexions avec d’autres régions, etc. Eh oui, mener à bien une résistance, ce n’est pas quelque chose de facile, et de bonnes capacités de gestion seront vitales à la réussite de notre mission.

Les combats, quant à eux, même s’ils ne sont pas le point central du scénario, sont clairement l’attrait principal du jeu. Ils se passent en tour par tour, et vous pouvez commander chaque unité séparément. Il faudra jouer avec le système de couverture et de discrétion pour se faufiler derrière les lignes ennemies et les attaquer par surprise. À notre disposition, cinq classes de soldats de base et trois classes spéciales, toutes uniques en leur genre et utiles au combat à leur manière. Tout ce petit monde est à notre service et peut être personnalisé avec énormément de liberté. On peut personnaliser leurs armes en les modifiant ; on peut leur équiper différents objets servant à augmenter leurs chances de survies, ainsi que des armures spéciales leurs permettant par exemple de traverser les surfaces solides. Attention à ne pas les laisser mourir, puisque chaque soldat est unique et irremplaçable. S’ils sont blessés, ils ne pourront pas combattre pendant plusieurs jours. Ils peuvent aussi être fatigués mentalement de combattre, et ont également besoin de prendre du recul sur la situation, sans quoi ils peuvent devenir dissidents.

Il y aurait encore une tonne d’éléments à ajouter, comme les nombreux aliens que l’on affronte, les missions pour les groupes de résistances, des différents types de missions que nos soldats exécutent, le fait que le jeu se base sur la rng pour la gestion des combats, et j’en passe. Mais vous constaterez que le gameplay est complet, profond et complexe, et qu’il nécessitera plusieurs dizaines d’heures afin de s’y faire complètement. Des dizaines d’heures durant lesquelles ont est en constante découverte de nouveaux éléments de jeu.

Comme dans un film

La bande-son mélangeant orchestre et sons électros est tout bonnement magistrale et restera dans la mémoire de quiconque a joué à XCOM 2. Elle est entraînante et digne des plus grands films d’action, mais surtout, elle sait être iconique. En effet, on retrouve les même mélodies dans beaucoup des morceaux, mais là où Firaxis fait fort, c’est dans la variation subtile entre tous ceux-ci. Car les musiques changent très légèrement, notamment d’instrument et de ton, dépendamment de la situation dans laquelle on se trouve. Cela ajoute une diversité subtile mais bienvenue et inscrit les mélodies que l’on entend dans un univers musical magistral, ce qui les rend iconiques. Une bande-son inoubliable.

Le jeu de l’année

Pour toutes ces raisons et bien d’autres, je ne peux qu’élire XCOM 2 et son extension stand-alone War of the Chosen comme étant mon jeu de l’année 2017. Un pur concentré d’action jouissive, de moments de doutes, de joie, de tristesse, un peu de rage aussi, mais surtout, de stratégie grisante gérée à la perfection.

Ante

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