Star Wars Battlefront II

Dégainez Blasters, démarrez X-Wings, et plongeons ensemble dans la dernière production des studios Dice ! Après un premier épisode léger et mitigé, l’équipe suédoise revient en force avec de nombreuses promesses ; campagne solo, trois ères de Star Wars, pas de DLC payants, etc. Alors, pari réussi ?

Développeur : Dice
Date de sortie : 17 novembre 2017
Console : PC, PS4, XBOX One
Genre : FPS

Faux départ ?

A moins d’avoir passé les derniers mois congelé dans de la carbonite, impossible d’avoir raté le scandale lié à la sortie de Star Wars Battlefront II : les lootboxes contenant les fameuses cartes des étoiles (cartes de capacités influençant les compétences du soldat en multijoueurs) sont disponibles à l’achat au moyen d’argent de jeu, mais aussi d’argent réel, mettant ainsi en place un système de microtransactions. Accusé d’être un pay-to-win, le titre de Dice voit ses précommandes chuter vertigineusement, alors qu’un boycott général s’organise. Devant un tel désastre, le producteur s’excuse, et retire momentanément l’achat de cristaux permettant d’acquérir les tristement célèbres lootboxes, mais rien à faire, la machine est lancée. On reproche ensuite l’indisponibilité de certains héros dès le départ du jeu, ainsi que du prix exorbitant de crédits de jeu nécessaires pour les déverrouiller. Mais ces reproches sont-ils fondés ?

En tant que passionné de l’univers créé par Georges Lucas, j’ai laissé la curiosité prendre le dessus sur les mauvais avis constellant la toile, et après environ vingt heures de multijoueurs, le verdict était clair : si l’on joue comme l’ont voulu les développeurs, l’achat par véritable argent est superflu, voire inutile. En effet, même si les récompenses de fin de partie sont plutôt maigres (environ 400 crédits alors que Dark Vador en coûte 15’000), il y a de nombreux autres moyens de gagner les précieux points : remplir certains objectifs avec tel ou tel soldat vous permettra d’en gagner 500 d’un coup, tandis que les lootboxes journalières peuvent vous en donner pratiquement 1000 (tandis que les saisonnières peuvent aller jusqu’à 5000). La campagne solo, elle aussi, vous donnera un bon pécule de départ, en supposant que vous la finissiez avant de commencer le multijoueurs. Ainsi, l’obtention de héros onéreux n’est pas si longue, et même gratifiante : cela serait trop facile de pouvoir incarner Dark Vador dès le début, non ?

Par ailleurs, l’achat des lootboxes devient inintéressant à cause de la nature hasardeuse de celles-ci. Chaque carte des étoiles peut être construite et améliorée au moyen de pièces de fabrication, s’obtenant de la même manière que les crédits. Et tout le monde sait comment fonctionne le hasard dans ces cas-là : on n’obtient jamais ce que l’on voulait, ou alors très rarement ; alors autant construire directement les compétences qu’il vous faut, et garder vos crédits pour l’achat de héros et pour le frisson du hasard quand l’envie vous en dit.

Battlefront2

D’un point de vue technique, Dice ne déroge pas à son habitude et nous propose un titre visuellement épatant ; que ce soit les effets de pluie sur Kamino, les cimes colossales des arbres de Kashyyk ou encore la neige de la base Starkiller, chaque carte vous offrira de somptueux décors très fidèles à la saga. Nul besoin d’un ordinateur de la NASA pour profiter pleinement du titre, l’optimisation est à nouveau au rendez-vous pour que vous puissiez attaquer le palais de Naboo en toute fluidité, malgré les explosions et les lasers fusant dans toutes les directions. Mention spéciale pour la bande-son très convaincante, que ce soit pour les blasters ou les Tie-Fighters impériaux. On notera néanmoins une légère déception dans le doublage des héros dans la version française, dont les voix ne sont pas celles des films, mais au moins s’en approchent-elles ; en effet, certains doubleurs étant soit décédés, comme c’est le cas pour la voix de Dark Vador, François Chaumette, soit à la retraite.

Non, vous ne rêvez pas: le rasage parfait de Han n’est plus!

Venons-en maintenant aux nouveautés de contenu : passé la révulsion des faux-semblants, on découvre alors un jeu comportant beaucoup d’agréables surprises, faisant passer le premier Battlefront de Dice pour un simple brouillon. La plus grande reproche qui avait été faite à son prédécesseur était l’absence de campagne solo. Eh bien, c’est ici une erreur réparée : le jeu vous propose d’emblée de vous plonger dans l’histoire d’Iden Versio et de l’escouade Inferno, les forces spéciales de l’Empire spécialement créées pour l’occasion. Chronologiquement, la campagne commence à la fin de Star Wars épisode VI : Le retour du Jedi, mais présente ainsi les événements du point  de vue des impériaux, et surtout du point de vue militaire. L’aventure s’enchaine, pleine de rebondissements, certains inattendus et d’autres moins, en prenant le temps de construire ses personnages. Les différentes séquences de la campagne vous permettront également d’incarner plusieurs héros, vous familiarisant ainsi avec leurs mécaniques avant de vous lancer dans le multijoueur. Pour résumer, la campagne remplit deux fonctions : didactique d’abord, car elle vous permet de prendre en main le gameplay, de vous familiarisez avec les armes du jeu ainsi que les capacités ; scénaristique ensuite, car l’histoire qui nous y est narrée dévoile la chute de l’Empire après la destruction de l’Etoile de la Mort. Mais je n’en dirai pas plus, ne gâchons pas la surprise.

Iden Versio, commandant de l’escouade Inferno.

Tournons-nous vers le multijoueurs à présent : si le premier opus du jeu peinait à convaincre, c’est ici avec plaisir que nous le découvrons. Pour commencer, un système de classes de soldats a été ajouté : vous pouvez donc choisir entre le soldat d’assaut, armé de son fusil blaster et taillé pour la prise de position, le soldat lourd, idéal pour la défense de couloirs ou de points stratégiques grâce à son blaster lourd et ses capacités défensives, l’officier, utile au soutien grâce à ses boucliers d’escouades et son pistolet blaster, et finalement le spécialiste, habitué aux longues distances de tir avec son fusil de précision. Vous avez fait votre choix ? Bien, choisissons le mode de jeu qui nous intéresse ! Petites cartes et petits objectifs, combat de héros, tout cela semble très intéressant, mais ce que nous voulons, c’est de l’assaut galactique, alors plongeons !

 

Vous n’aurez que l’embarras du choix pour vous lancer !

La première surprise, très agréable, est que chaque partie est articulée autour d’un scénario en fonction de la carte : par exemple, sur la base Starkiller, il s’agit, du côté de la Résistance, de libérer les prisonniers, tandis que les joueurs adverses auront pour but de nous en empêcher. Mais là où est tout l’intérêt de ce système, c’est qu’il se divise en plusieurs objectifs différents d’une phase à l’autre. Reprenons l’exemple de la base Starkiller : le premier objectif de la Résistance est de détruire le turbo-canon menaçant les renforts ainsi que les réserves de fuel du Premier Ordre. Dans cette première phase, il s’agit de poser un explosif sur les deux objectifs qu’il faudra garder activé durant un certain temps, sous peine de devoir recommencer, tout en prenant garde au nombre de tickets qu’il reste à notre équipe (un ticket représentant une vie). Une fois cette phase réussie, le commandant nous informe de la suite des opérations, alors que les tickets disponibles augmente de 50, pour un maximum de 100 : il faut s’emparer d’une position, et pas des moindres, l’entrée de la base. Il s’agit maintenant d’avoir un nombre supérieur de soldats que l’adversaire sur le point afin de remplir une barre de progression à trois crans. Une fois réussi, il faudra aller pirater les commandes d’ouverture des cellules, en deux endroits. C’est maintenant une barre de progression qui ne fait que s’interrompre au lieu de repartir au début. Si vous réussissez, vous serez récompensé par une cinématique de victoire ainsi que d’un bonus de crédit, l’inverse si vous échouez.

Bien sûr, voilà un seul exemple parmi d’autres : il y a bien d’autres objectifs, comme protéger les transports de troupe jusqu’à un point donné, protéger un objet durant un certain temps, détruire des objectifs, et j’en passe.

Venons-en maintenant à l’autre amélioration notable de Battlefront II par rapport à son prédécesseur : dans le premier opus de Dice, il était possible d’incarner des héros ou encore de piloter un X-Wing au moyen de jetons apparaissant sur la carte. Malheureusement, ces positions étant fixes, de nombreux joueurs, plutôt que de se concentrer sur l’objectif, restaient sur ces points d’apparitions afin de pouvoir incarner un héros. Dans ce nouvel opus, ces jetons ont été supprimés, et les héros, mais aussi les vaisseaux et les soldats spéciaux, (Jet-Trooper, Wookies, etc.) s’achètent au moyen de points de batailles, à la façon du titre homonyme de LucasArt, que l’on gagne en réalisant certaines actions durant la partie, comme tuer un adversaire, mais surtout en jouant l’objectif. En effet, vous saisir d’une position vous apportera beaucoup plus de points que si vous courriez dans tous les sens en abattant tout ce qui bouge. Dice a ainsi résolu le problème de camping, présent dans le premier opus.

D’autre part, ce problème est d’autant plus résolu par le système d’escouade proposé : lorsque vous mourrez, vous retournez au menu de sélection de classes, et il vous est alors possible de dépenser les points accumulés pour incarner un soldat plus puissant ou un héros, ou encore monter à bord d’un vaisseau. Une fois votre choix fait, vous lancerez un compte à rebours de dix secondes durant lequel jusqu’à trois autres joueurs pourront vous rejoindre pour former une escouade. Notez que si un compte à rebours est déjà lancé, vous rejoindrez celui-ci plutôt que d’en ouvrir un nouveau. Ce système permet de vous faire jouer avec de nombreux joueurs différents, puisque votre escouade change à chaque fois que vous entrez avec un soldat neuf sur le champ de bataille. Dice a ainsi résolu deux problèmes majeurs : grâce à ces escouades changeantes, il est impossible de servir de point de spawn à vos coéquipiers, rendant le fait de se cacher quelque part sur la carte inutile ; d’autre part, vous commencez avec votre escouade au complet à chaque fois, et comme les points de bataille gagnés se multiplient lorsque vous jouez avec votre escouade, c’est bénéfique pour tout le monde.

Les phases dans l’espace sont également très réussies.

Notons tout de même une surprise un peu dérangeante mais qui a ses raisons : il est possible, et même courant que lors d’une chasse aux droïdes sur Naboo vous tombiez nez à nez avec Dark Vador, lequel aura tôt fait de vous faire tâter de son sabre laser. En effet, tous les héros sont disponibles sur chaque carte, et les anachronismes sont courants. Cela s’explique par le fait que le panel de héros n’est pas (encore) très étoffé, et chaque héros, grâce à ses capacités, est utile dans une situation précise. Relevons néanmoins que lorsque ce genre de cas se présente, votre commandant réagira en s’interrogeant sur son identité, et parfois de façon cocasse.

En somme, Battlefront II promet de bons moments, surtout en compagnie d’amis. L’univers Star Wars est respectée, et il n’y a rien à dire, l’ambiance est là. Mais pouvons-nous pour autant dire que le jeu est parfait ? Et bien non. Si en tant que FPS ce deuxième opus est convainquant, il faut reconnaitre qu’il manque d’audace. A l’heure où les studios impressionnent par des gameplays verticaux, asymétriques ou rapides au point de devenir instinctifs, Battlefront II propose une formule somme toute assez classique, malgré les bonnes idées qui sont apportées. Si les cartes sont somptueuses, on regrette néanmoins un manque de spectaculaire que Dice avait pourtant su apporter avec sa saga Battlefield : ici, pas de destruction de décor, pas de restes de vaisseau sur le champ de bataille et pas de changements météorologiques obligeant les joueurs à changer d’approche. Pas non plus d’éléments avec lesquels interagir pour bloquer les adversaires (nous avons tous essayé de tirer sur le panneau de commande d’une porte pour la fermer, hélas cela ne marche que dans la campagne, et de façon scriptée), de raccourcis à dégager à coup d’imploseur thermique ou encore de flammes rongeant doucement un hangar. Il est quelque peu décevant de voir que Battlefield One, sorti avant, propose une liberté et une interactivité incroyable avec le décor, tandis que tout cela est simplement inexistant dans Battlefront II.

Un FPS presque parfait ?

En conclusion, Battlefront II est loin d’être un mauvais jeu ; les dérapages induits par la politique d’EA en matière de microtransactions ont malheureusement mis du plomb dans l’aile de ce titre avant même sa sortie, et même si maintenant certains essaient d’y jouer, ce n’est pas sans méfiance. Malgré ce mauvais départ, une communauté s’est formée autour du titre, et n’hésite pas à le défendre contre les fausses allégations. En effet, si le jeu lui-même s’est tant fait critiquer avant sa sortie, c’est surtout à cause d’un manque de communication : s’il avait été clair dès le départ que ces fameuses lootboxes n’ont que très peu d’influence sur le jeu, le public se serait plutôt réjoui sur le programme de saisons apportant du nouveau contenu, et ce gratuitement, à la manière des fameux Free-LC.

Mais pourtant, même avec tous ses bons côtés, le manque d’audace précédemment énoncé laisse le joueur songeur ; ces dernières années, nous avons été habitués à la destruction, à la vitesse et aux particules flottant en tous sens après une explosion, rendant le gameplay toujours plus instinctif, et l’absence de ces éléments donne l’impression d’un jeu plus lent, plus tranquille, ce qui ne colle pas avec l’ambiance attendue. Néanmoins, les fans se plairont à revivre les plus grande batailles de la saga, et pardonneront au jeu son imperfection.

 

Les pour et les contre

+ La bande-son très convaincante   Les doublages ne sont pas ceux des films
+ Les décors somptueux  – Manque d’audace
+ Le système de Free-LC   Panel de héros encore maigre
+ Les scénarios à objectifs variés
+ L’ambiance

 

 Zbradaradjean

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