Tomb Raider – Le Film

Je suis allé voir Tomb Raider sans aucune attente, voyant venir un film tristement ennuyant, et c’est ce à quoi j’ai eu droit. Rassurez-vous, je ne le considère pas réellement comme une véritable bouse, juste comme un film (très) oubliable. La nouvelle adaptation des aventures de la belle Lara Croft a cependant le mérite de ne plus avoir pour héroïne principale une femme hyper-sexualisée ; bon, en même temps, c’est également la direction prise par la franchise vidéoludique depuis le reboot de 2013. La proposition d’une nouvelle Angelina Jolie aurait donc démontré une bêtise assez surhumaine des producteurs, quand-bien même la première adaptation avec ladite actrice avait un certain charme de par son côté décomplexé dans la manière de filmer des scènes d’action assez divertissantes, il faut bien l’avouer.

Mais outre cet aspect plutôt appréciable, cette nouvelle itération nous confronte à plusieurs reprises à un montage très désagréable ; je pense notamment aux scènes de free fight du début et de Lara qui se débat dans les flots enragés juste après le naufrage du navire, à la limite du compréhensible et qui ont failli me causer une bien belle migraine. L’idée de ne pas (tout de suite) faire mourir le père Croft pour tenter par la suite de déclencher une scène d’émotion inefficace démontre aussi le peu d’inventivité dont fait preuve cette œuvre. Un film, ou un jeu d’ailleurs, Tomb Raider version années 2010, n’est à mon sens pas là pour tordre le petit cœur fragile du spectateur/joueur, mais bien pour lui faire ressentir le vertige de l’aventure et les difficultés de Lara à en voir le bout. Les jeux retranscrivent cela magistralement, en faisant bouffer la terre à leur héroïne. Or, dans ce film, outre une petite écharde coincée entre les côtes de Mademoiselle Croft (ah tiens, c’était déjà dans le jeu ça), après une scène mal exploitée de chute entre les arbres en parachute (ah tiens, ça aussi, sauf que c’était cool à jouer), on reste clairement sur sa faim. Je ne suis de loin pas un assoiffé de sang, mais on est bien loin de démontrer la résistance féminine de cette icône du jeu vidéo autrement que par ses formes généreuses, ce qui est pourtant le but des jeux récents et, a priori, celui de ce film…

Venons-en maintenant au point qui me chagrine le plus : je vous parlais avant du premier film avec Angelina Jolie. Eh bien, dans celui-ci, Lara combat une sorte de statue Bouddha vivante à 6 bras, en CGI assez moche certes. J’ai longtemps pesté contre cette scène, qui me semblait digne d’un navet. Toutefois, quand on s’inspire d’un jeu dans lequel le joueur doit affronter un T-Rex dans une cave avec deux pistolets, faut bien avouer que c’est pas si bête et que, tout compte fait, c’est plutôt marrant et que cela rapproche plutôt le film du néo-nanard (oui, j’invente des genres, je fais ce que je veux, c’est ma critique). Hélas, dans le film de 2018, le moment où l’action pourrait s’emballer contre une sorte de momie Geisha au design au potentiel flippe certain, on se contente de la laisser au stade de cadavre décomposé et de remplacer la menace par un virus qui transforme les gens en des zombies extrêmement nazes. Fichtre, film, tu étais sur le point de me divertir ! Au lieu de ça, tu as choisi de rester un film d’action/aventure pauvrement conventionnel, sans aucune idée de mise en scène ni folie. Dommage. Je retourne regarder Doom car avec lui au moins, je peux boire des bières et me marrer un bon coup.

fcbat

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