Octopath Traveler

Ceux qui se souviennent des premiers trailers de la Switch se souviennent sûrement des premières images d’un jeu intitulé Project Octopath Traveler. Son esthétique particulière avait frappé l’audience, et le magnifique logo de Square Enix sur une exclu Nintendo faisait saliver les nostalgiques des premiers Final Fantasy. Un peu moins de deux ans plus tard, le projet est devenu réalité et c’est sous un titre plus court et plus affirmé que ce nouvel RPG voit le jour. C’est en pleine période de vacances d’été que le petit coffret à la languette rouge débarque dans ma boîte aux lettres. Enfermé dans mon salon à la recherche d’un minimum d’ombre pour fuir les effets du réchauffement climatique, le jeu m’a accompagné plusieurs semaines durant. Voici mon évaluation (subjective bien sur) du très attendu (et très bien vendu) Octopath Traveler.

Développeur : Square Enix, Acquire
Editeur : Nintendo, Square Enix

Date de Sortie: 13 juillet 2018
Console(s) : Nintendo Switch
Genre : RPG

L’odorat

« Octo » comme huit, « path » comme chemin. Octopath Traveler raconte les histoires de huit personnages différents, vivant sur le continent fantastique d’Orsteria. Le joueur commence avec l’un des personnages, au choix, et entame donc le premier de ses quatre chapitres respectifs. C’est en progressant sur la carte que le joueur rencontrera les sept autres personnages, avec le choix de démarrer leurs histoires, les ajoutant par la même occasion au groupe. Les huit histoires, chacune divisée en quatre chapitres (yep… 32 chapitres en tout), peuvent être joués dans plus ou moins n’importe quel ordre. Cependant, les gaps de difficulté peuvent être énorme entre un chapitre 2 et un chapitre 3, impossible donc de tracer rapidement une seule aventure. Rien n’est linéaire, les joueurs aborderont ces histoires dans l’ordre de leur choix. Comme dans la quasi-totalité des jeux de type RPG, le nerf de la guerre sera monter de niveaux en combattant et acheter du meilleur équipement afin de devenir plus fort pour pouvoir avancer dans l’épopée.

Les personnages offrent une variété dans le style de jeu à travers le système de classes. Chaque personnage possède une classe pré-déterminée allant de l’apothicaire à la danseuse en passant par le prêtre, et j’en passe. Ces classes seront également interchangeables et cumulables plus tard dans l’aventure, ce qui rendra le tout particulièrement intéressant au niveau stratégique.

Les combats, parlons-en, car c’est souvent un vrai « make or break » pour les RPGs. Octopath Traveler opte pour un système de combat en tour par tour traditionnel avec deux twists. Premièrement la faille dont le but est de briser la défense de l’ennemi en l’attaquant avec des armes ou des attaquent élémentaires spécifiques qui l’affaiblissent pour trouver ladite « faille » et avoir un tour d’avance. Le deuxième twist sont les points d’exaltation que le personnage peut utiliser pour augmenter ses attaques. Ces éléments permettent au système de combat de rester intéressant, malgré la fréquence un peu trop grande à mon goût des combats, qui se génèrent bien sûr aléatoirement… à l’ancienne dira-t-on!

Un combat en pleine action. On peut voir les ennemis (à gauche), leurs points de défenses et leurs faiblesses et l’équipe (à droite), leurs PV, PT (magie) et PE (les points jaunes sous le nom).

Le toucher

Les contrôles dans un RPG sont rarement un point de tension important. Cependant, il me semble qu’Octopath Traveler gère très bien les mouvements et les menus en général. Les commandes sont intuitives et simples, les personnages peuvent simplement se déplacer, parler aux PNJ ou utiliser leurs actions spéciales. L’addition d’une option pour courir est bienvenue, car le jeu vous demandera de passer dans les mêmes zones relativement fréquemment, et la vitesse de marche de votre groupe est plutôt lente.

En combat il m’est arrivé quelques fois de me tromper d’action par précipitation, car certaines d’entre elles s’activent après un simple clique. Il s’agit probablement plus d’une faute d’inattention de ma part que d’une erreur des développeurs, mais il s’agit là du seul défaut de contrôle que j’ai relevé durant mon expérience de jeu.

La vue

C’est par là que tout a commencé. Lors du premier trailer du jeu, beaucoup ont été très impressionnés par cette esthétique appelée « HD-2D » que le jeu propose. Les personnages sont des petits bouts de pixel, mais évoluent dans un environnement 3D très immersif. Beaucoup d’efforts ont été apportés notamment sur les effets de lumière, d’ombre, d’atmosphère et j’en passe. Le total forme une ambiance très unique, qui donne constamment l’impression visuelle que les personnages du groupe sont bien le centre de l’attention et l’unique chose importante sur Orsteria, notamment grâce à l’effet de flou appliqué sur les bords de l’écran. Chaque détail est travaillé à la perfection pour atteindre un résultat final très impressionnant qui ressort très bien tant sur un écran de TV que sur le mode portable de la Switch.

Les combats sont également mis en scène de manière particulière. A la manière de Final Fantasy VI, vos personnages restent dans leur enveloppe pixelisée, tandis que les ennemis sont dessinés dans des traits très fins et très réalistes. Les animations d’attaque sont fluides et très bien faites, ce qui ajoute un bon point aux combats de manière générale.

Je ne soulignerai pas assez à quel point l’expérience générale a été amplifiée par tous ces efforts de présentation visuelle. Malgré une partie d’esthétique volontairement très rétro, la HD-2D donne vie aux pixels d’une manière nouvelle. L’effort est ici à applaudir et saluer.

Regardez ces effets! C’est-y pas beau?

L’ouïe

La bande son d’Octopath Traveler est complètement orchestrée. Chaque personnage, chaque région, chaque village a son thème musical respectif, chacun composé pour correspondre à leur personnalité ou à leur environnement. Lors des cinématiques, la musique évoluera selon les révélations du moment ou les interventions de certains personnages. Les musiques de combat sont également parfaitement composée pour amener un sentiment d’urgence et de danger. De manière générale, la bande son est très cohérente et participe entièrement à mettre l’ambiance en place.
Je recommande tout particulièrement, pour les amateurs de guitare électrique, les remix « métal » de la BO par le youtuber Family Jules. Du pur nectar pour les oreilles! Exemple ci-dessous.

Poussant le réalisme un peu plus loin, les développeurs ont décidé de faire parler ces petits bouts de pixel avec des doublages souvent excellents, parfois maladroits, et de temps en temps très mal placés. Les scènes importantes arboreront des dialogues entièrement enregistré par des doubleurs qui font, la plupart du temps, un excellent travail. Cependant, certaines scènes secondaires font simplement dire un mot ou deux aux protagonistes, le reste passant à travers le texte. Ces moments sont particulièrement délicats, surtout lorsque les quelques mots en question n’ont rien à voir avec la phrase écrite. Pour ces quelques scènes, il aurait semblé judicieux de faire un choix : complètement doublées ou pas doublées du tout. Les voix sont également présentes dans les combats, chaque personnage aura ses petites phrases qu’il répétera en début de combat, lors de certaines attaques, en cas de victoire etc… ce genre de petites répétitions amène également beaucoup de personnalité. Entendre un personnage demander où est la taverne la plus proche à chaque fois qu’il dérouille un monstre ne sera jamais lassant à mon goût.

Le goût

Et bien parlons-en du goût tiens.

Octopath Traveler est une expérience que tout le monde n’appréciera pas forcément, en tout cas de prime abord. Certains chapitres mettent pas mal de temps à démarrer, certaines scènes tournent assez rapidement au cliché et les premiers chapitres de chaque personnage sont parfois presque insultants de facilité. Le début du jeu, qui amène de manière cohérente les histoires de chaque personnage au moment où vous les rencontrez, souffre un peu du concept même des huit histoires distinctes. Il est donc possible que certains joueurs s’ennuient dans les premières heures d’aventures, qu’ils trouvent le jeu trop facile et peu varié.

C’est en démarrant les chapitres suivants que le challenge commence à montrer le bout de son nez. D’abord surpris par ce pic de difficulté, j’ai vite appris à organiser mon équipe de manière stratégique et à combattre plus méthodiquement. Le jeu offrira certains moments frustrants, par exemple lorsque l’on fait face à un boss et qu’aucun membre de l’équipe ne possède les capacités de briser ses défenses (et changer d’équipe demande de se rendre dans la taverne d’un village…), mais le système des classes secondaires répondra vite à ce manque. C’est enfin dans les derniers moments de l’aventure que la vraie difficulté surgit, et qu’il faudra user de stratégie et de réflexion pour déchirer la face aux multiples ennemis que vous rencontrerez, jusqu’à bien sûr obtenir un niveau beaucoup trop élevé et surpuissant pour que qui que ce soit ne vous effraie… RPG s’il en est! Arriver au bout des huit chemins vous prendra du temps, et vous en aurez pour votre argent! C’est une certitude.

Esthétiquement le jeu est une réussite parfaite, la bande son est divine et les graphismes envoient également du pâté en puissance! L’ambiance amenée par cette combinaison m’a vraiment aidé à m’investir dans les huit histoires et à considérer chaque personnage comme unique. L’écriture du scénario est chargée en émotions, en moments forts, en doutes, en mystères. C’est cependant, encore une fois, à partir des deuxièmes chapitres que les huit histoires deviennent réellement intéressantes et amènent des éléments d’intrigues. On regrettera tout de même grandement le fait que les personnages n’interagissent jamais dans les cinématiques et font voyage ensemble sans la moindre raison apparente. Si l’on prend l’exemple de jeux comme Final Fantasy, Chrono Trigger ou encore Xenoblade Chronicles, ce sont les relations que les personnages tissent entre eux qui donnent au joueur l’envie de s’investir dans ceux-ci en tant que groupe. Bien sûr, Octopath Traveler rend très clair le fait que chaque personnage suit un chemin bien à lui et que, malgré l’aide des autres, il sera seul face aux défis qu’il rencontrera sur sa route. De plus, je comprends bien que, du fait de la nature très libre de la progression du jeu, il aurait été très compliqué pour les développeurs d’intégrer plus d’interactions entre les différents personnages. Il y a ces « discussions de voyage » auxquels on peut assister parfois en appuyant sur le bouton +, mais celles-ci ne donnent jamais l’impression que les personnages développent des relations allant au delà de la simple courtoisie que deux inconnus se portent. Un petit effort de ce côté aurait grandement amélioré une aventure que j’ai beaucoup apprécié dans son ensemble.

Verdict

Pour Contre
+ Système de combat intéressant et novateur Lent à démarrer, début de jeu trop facile et monotone
+ Bande son merveilleuse  Manque crucial d’interaction entre les personnages
Graphismes HD-2D très réussis Les combats aléatoires peuvent être agaçants à la longue
+ Concept de scénario intéressant – Pics de difficultés parfois très intenses
+ Le joueur est très libre – Parfois frustrant quant aux faiblesses de certains ennemis
+ Scénario accrocheur… parfois

 

 

 

Enjoy!

Andreios

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