Yoko Shimomura, trente ans de carrière #2

Dans le cadre de la première partie de cet article, c’est période la plus méconnue de la carrière de Yoko Shimomura qui a été présentée… pour le public européen, tout du moins! Parce que n’ayant pris part qu’à des projets majeurs n’ayant pas franchi l’Atlantique, parce qu’anonymisée au sein d’Alph Lyla, parce qu’à cette époque, la culture des compositeurs de musiques de jeux n’est guère celle d’aujourd’hui, et aussi – sans doute – parce que derrière les notes se cache une femme, l’artiste est pratiquement inconnue en Europe. Mais les choses changent à l’avénement du troisième millénaire…

 

Quand on prie la bonne étoile…

Le début des années 2000 marque une phase de crise pour Square, qui se verra bientôt terrassé par l’échec commercial du film Final Fantasy: Les créatures des l’esprit. La firme marque cependant un grand coup en recevant mandat de Disney de proposer un jeu d’aventure mêlant à la fois les personnages de la firme à de nouveaux protagonistes inédits, issus de l’imagination de Tetsuya Nomura. Ce dernier donne naissance à Sora, Kairi et Riku, et à Kingdom Hearts. Shimomura a carte blanche pour composer les thèmes de cette aventure épique mêlant amitiés, amour, rivalité… et univers des studios Disney.

Dearly beloved offre dès le lancement du jeu un ambiance propre à l’innocence de ses héros

Le jeu surprend avant sa sortie par l’annonce d’un cross over entre Disney et Final Fantasy. Disney et Square mettent les moyens pour que la réussite soit au rendez-vous. Les nostagiques retrouvent les personnages de leur enfance, et peuvent même méchamment faire donner une leçon à des Jafar, Hadès, Maléfique ou Clayton doublés en toutes les langues avec un effort visible de donner le micro aux doubleurs officiels, soit une immersion très appréciable. Sora, porteur de la Keyblade, traverse les mondes pour lutter contre les sans-cœurs venus tout détruire, et accompagne Donald et Dingo à la recherche du roi Mickey et de ses amis. Malgré une trame scénaristique assez banale en apparence, Kingdom Hearts se hisse au rang de bestseller. Il doit beaucoup à sa musique, et de ce fait, Shimomura ne fait que commencer un travail de plus de quinze ans.

Le thème de combat final valait bien d’être joué par un orchestre

Parallèlement à ce challenge, Shimomura se voit confier par Nintendo la charge d’accompagner Mario dans ses nouvelles aventures comme personnage de RPG; ou plutôt Mario et le type en vert, ne l’oublions pas. La carrière de l’artiste est ainsi dédiée uniquement aux deux premiers opus de Kingdom Hearts et Mario & Luigi.

La patte de l’artiste est reconnaissable, notamment entre les niveaux désertiques…

Malgré deux ambiances très différentes, Shimomura arrive à offrir l’immersion nécessaire à rendre la tâche de Sora et des deux plombiers crédible, voire épique.

La combat final de Mario & Luigi: Partners in Time arrive à faire oublier la stupidité des protagonistes

La compositrice s’offre après Kingdom Hearts II le temps de travailler à d’autres projets pour Square Enix, notamment avec Heroes of Mana, ou Xenoblade Chronicles.

La poésie insufflée à Legend of Mana est au rendez-vous dans cette suite

La consécration

La compositrice jouit d’une reconnaissance mondiale à l’heure de sa vingtième année de carrière en 2008. Kingdom Hearts l’occupe quatre année de plus, avec deux nouveaux épisodes, bientôt rejoints par les nouvelles aventures de Mario et Luigi…

Chaque épisode supplémentaire de la franchise des Kingdom Hearts offre davantage de la diversité musicale dont fait preuve l’artiste

La consécration prend néanmoins deux formes. Premièrement, la pianiste prend part à l’orchestration de thème pour Super Smash Bros. Brawl et Super Smash Bros. for Wii U / Nintendo 3DS.

L’artiste revoit le thème de l’égocentrique Roi DaDiDou

Deuxièmement, tandis que les collaborations entre Square Enix et Nobuo Uematsu se font plus rare, c’est à Yoko Shimomura que l’on demande de composer les thèmes du quinzième volet de Final Fantasy. Un honneur insigne pour l’artiste, très admirative du travail de son ainé, mais également de la série mythique de Square.

Le style de l’artiste est encore capable de nous réserver des surprises après toutes ces années!

Depuis Kingdom Hearts, Yoko Shimomura est incontournable dans le monde vidéoludique, mais surtout reconnue par les joueurs. Elle reste à ce jour une des rares figures féminines bien identifiées dans la discipline. Et elle le mérite largement. Loin d’une présentation exhaustive, ce survol de son œuvre permet d’entrevoir la diversité de ses compositions, mais également leur sensibilité. Des jeux de combat aux jeux de rôles, Shimomura sait évoquer un paysage, un univers, un sentiment, en seulement quelques notes. La musique d’un jeu est littéralement l’âme de ce dernier. L’œuvre de la compositrice, c’est aussi de porter les jeux qu’elle illustre musicalement; mais qu’on ne s’y trompe pas, le travail de l’artiste vaut largement d’être découvert pour lui-même, même si certains jeux vous sont restés ou vous resteront inconnus.

Dr. D.

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