Hollow Knight

Hollow Knight est le premier jeu du studio australien Team Cherry, fondé par quatre personnes après une game jam au cours de laquelle ils ont créé le jeu Hungry Knight !, trouvable aisément en ligne et présentant une première version du Knight, personnage principal de Hollow Knight. Ce dernier est issu d’une campagne Kickstarter débutée en novembre 2014 et ayant atteint son but initial moins de deux mois plus tard. Certains des paliers de la campagne n’ont pas été atteints mais les contenus qui y étaient liés ont tout de même été implémentés dans le jeu dès sa sortie, au début de l’année 2017 et quatre packs de contenu additionnel ont déjà été mis en ligne gratuitement, alors qu’un prochain pack contenant un second personnage jouable a été annoncé très récemment.

Développeur : Team Cherry

Dates de sortie : 24 février 2017, 12 juin 2018 (Switch), 25 septembre 2018 (PS4 & XboxOne)

Plateforme : Windows, Linux, Mac, Switch, PS4, XboxOne

Genre : Metroidvania

« A world you gave to bug and beast as they had never dreamed »

Dans Hollow Knight, vous incarnez « The Knight », un mystérieux mais néanmoins vaillant héros insectoïde au passé incertain. Au début de l’aventure, on ne sait que peu de choses sur notre véritable but. Une vision étrange nous dévoile une créature enchaînée se réveillant derrière une porte scellée par ce qui ressemble à des masques, et on devine que l’on va devoir trouver un moyen de la franchir, sans vraiment en savoir plus. Après un bref passage servant de tutoriel, le joueur arrive dans la petite ville de Dirtmouth, The Fading Town, qui a pour seul habitant l’Elderbug, un insecte trop vieux pour descendre avec les autres habitants dans les cavernes situées sous la ville. Il vous apprend en effet qu’il y avait autrefois un grand royaume sous la surface, et vous met en garde contre la folie qui s’est emparée de la plupart des créatures qui y vivaient ou ont décidé de s’y rendre à la recherche d’éventuels trésors de cette ancienne civilisation.

Et… c’est à peu près tout. Bien sûr, l’histoire ne s’arrête pas là, mais Hollow Knight fait partie de ces jeux dont l’histoire ne nous est révélée que si l’on a véritablement envie de la connaître: en parlant à des personnages pas forcément « utiles » d’un point de vue du gameplay, en lisant la description de certains objets et en découvrant les innombrables secrets dissimulés un peu partout dans le monde. Un joueur peu attentif pourrait ainsi finir le jeu sans véritablement en comprendre l’histoire, tandis qu’un joueur plus assidu se verra offrir plus de lore, en particulier s’il travaille à ce que certains se plaisent à appeler la « vraie fin » mais même dans ce cas, il peut être nécessaire de refaire le jeu plusieurs fois pour en comprendre tous les détails et enjeux.

Vous pouvez vous contenter d’explorer le monde et de finir le jeu, mais certains apprécieront les détails cachés çà et là, qui apportent des explications à une histoire assez obscure au premier abord.

« Un pou, une puce, assis sur un tabouret »

Hallownest, lieu où l’action prend place, est un monde peuplé de créatures variées présentant presque toutes des caractéristiques s’apparentant à celles d’insectes, allant de la mante religieuse au simple moustique en passant par le majestueux bousier. Le jeu contient plus de 140 ennemis différents, que le joueur pourra s’amuser à trouver et combattre un certain nombre de fois afin de les ajouter à son journal de chasse, ce qui débloquera des informations supplémentaires concernant l’histoire de l’ennemi en question.

Outre les ennemis classiques, les boss et leurs versions améliorées, Hallownest contient aussi plusieurs personnages non-joueurs. Certains d’entre eux vous serviront dans votre quête, par exemple en vous vendant des améliorations, cartes et autres, en vous apprenant de nouvelles techniques, etc. tandis que d’autres ne sont là « que » pour ajouter au lore du jeu.

En plus de cela, le jeu comprend un troisième type de personnages : les fantômes. La création et le design de ces derniers étaient une des récompenses données en échange d’une participation élevée au kickstarter. Certains ne font que dire quelques lignes sans vraiment apporter d’informations à propos de l’histoire (autre que la leur), tandis que d’autres s’avèreront être d’anciens guerriers particulièrement puissants en manque de défis à relever et qui se feront un plaisir de croiser le fer avec vous si d’aventure vous vous sentez à hauteur.

En bref, Hallownest nous renvoie l’image d’un monde si vivant, grouillant de vie, qu’on s’attend à croiser un nouveau personnage ou ennemi à chaque petit détour que l’on pourrait prendre, et c’est quasiment le cas, pour notre plus grand plaisir.

Le monde regorge de personnages et le village de Dirtmouth accueille régulièrement des voyageurs de passage.

« Good is a point of view, Anakin »

Les détours, parlons-en ! Hallownest nous offre un monde composé des décors variés : Les premières heures de jeu se passent juste sous la surface, dans des cavernes aux tons gris et bleus, qu’on pourrait trouver fades et déprimants. Mais l’arrivée dans une nouvelle zone change l’atmosphère du tout au tout : on trouve plus loin une forêt luxuriante, une mine de cristaux étranges brillants d’une lueur rose, ou encore une ville sur laquelle la pluie s’abat perpétuellement, pour ne citer que quelques exemples. La multitude d’environnements rend l’exploration particulièrement agréable et, à moins d’être équipé d’une carte, le fait de partir hors des sentiers battus peut aisément vous mener à vous perdre.

Le monde d’Hollow Knight, à savoir les décors, les ennemis et les personnages, est dessiné puis animé à la main avant d’être soigneusement perfectionné et complété par l’ajout de la musique. Cette dernière, composée par Christopher Larkin, retranscrit à merveille les diverses ambiances, évoquant tantôt du féerique, tantôt de l’inquiétant ou de l’épique (d’ailleurs, ce test a été écrit avec l’OST dans les oreilles, tellement qu’il est bien !).

L’ambiance générale que transmet alors cette harmonie entre musique et visuel en est presque Tim Burton-esque, le jeu associant allègrement le mignon à un côté plus gothique et sombre.

Vous pourrez par exemple vous retrouver dans une mine de cristaux violets qui semblent avoir un effet particulier sur les habitants du coin…

« It’s just like Dark Souls »

Ou peut-être pas. Bon, d’accord, un peu, mais alors vraiment peu ! Le jeu s’avère effectivement un peu difficile parfois mais est tout de même bien loin du niveau de difficulté d’un Dark Souls. Certes, le fait de mourir engendre la perte de toute la monnaie, les Geo, durement amassée ainsi qu’une réduction de la jauge d’énergie ; il faudra alors aller les récupérer à l’endroit qui nous a été fatal, les ennemis étant tous revenus entre temps. Mais la comparaison s’arrête là, Hollow Knight proposant une expérience complètement différente et totalement unique en son genre.

De fait, Hollow Knight est un Metroidvania, il demandera donc de revenir régulièrement sur vos pas (ce que l’on appelle le backtracking, dans le jargon), ce qui est un des points les plus importants du genre. Armé de votre fidèle clou (une arme qui peut sembler bien dérisoire mais quand on y pense, à l’échelle des insectes, un clou peut s’avérer être une arme des plus létales), dont vous pourrez améliorer la puissance moyennant finances et dont les techniques sont assez limitées au départ, vous allez donc devoir vous frayer un chemin vers de nouveaux pouvoir, qui vous permettront non seulement de faciliter votre exploration mais vous permettront également d’accéder à des nouvelles zones. Un de ces pouvoirs, disponible dès le départ, permet par exemple au Knight de se soigner contre l’utilisation d’un peu d’énergie (la SOUL, une jauge qui se remplit lorsque vous frappez les ennemis ou recevez des coups), tandis que d’autres auront une utilisation plus offensive (Hadouken!) et d’autres, telle que la capacité de faire des double-sauts, serviront à atteindre des lieux jusqu’alors inexplorés et ne consomment pas d’énergie.

Notez que, malgré cela, le jeu offre une grande liberté sur deux points :

Premièrement, l’ordre dans lequel vous irez chercher ces pouvoirs, si vous décidez d’aller les chercher (car tous ne sont pas nécessaires suivant la fin désirée), peut être modifié. Certains pouvoirs seront nécessaires pour en trouver d’autres, mais certains endroits peuvent être atteints en usant d’un peu d’astuce ou en prenant simplement un autre chemin.

Deuxièmement, le jeu permet une personnalisation de son style de jeu via un système nommé les charmes : ces bijoux ayant des effets extrêmement variés sont disséminés un peu partout dans le monde, et vous pourrez les équiper à n’importe quel checkpoint. Le nombre de charme pouvant être équipés à la fois dépend du nombre d’emplacements débloqués et du coût de chaque charme, les plus puissants utilisant un nombre d’emplacement plus élevé. Vous pourrez ainsi voir votre position sur la carte, augmenter votre défense ou votre nombre de point de vie, créer un bouclier lorsque vous vous soignez, transformer vos sorts, etc… De plus, certains charmes interagissent avec d’autres, créant des combos qui peuvent être intéressants, mais rien ne vous indique si un combo existe, à vous donc d’essayer différentes combinaisons (ou d’aller voir sur un wiki, on ne juge pas) !

Pour les joueurs férus de challenges, un mode de jeu vous proposant de faire le jeu sans mourir est débloqué une fois l’aventure terminée, et le dernier DLC (attention spoilers !) ajoute un mode Boss Rush.

Vous pouvez personnaliser votre gameplay au moyen de charmes que vous trouverez un peu partout dans le monde, et dont les pouvoirs peuvent changer en fonction de ceux que vous avez déjà équipés.

« No cost too great. »

Hollow Knight est un petit bijou vidéoludique qui offre une expérience particulièrement plaisante, et un lore complexe et original, pour peu qu’on s’y intéresse. Sorti sur Switch il y a peu, il ne peut que s’adapter à merveille à la dernière console de Nintendo. Le jeu comporte également trois DLC (voire quatre, les développeurs étant tellement motivés par un patch qu’ils ont décidé d’en faire un DLC non-annoncé) entièrement gratuits, et un prochain pack contenant notamment la possibilité de jouer un autre personnage dans sa propre aventure a été annoncé il y a une petite semaine.

Vous l’aurez peut-être compris, j’ai une affection toute particulière pour ce jeu, qui s’est aisément fait une place parmi mes jeux favoris et s’est imposé comme mon jeu préféré de 2017 (bon, j’admets, je n’ai pas encore testé Cuphead). En plus, il ne coûte qu’une quinzaine de francs (vingt si vous prenez l’OST avec, ce que je vous conseille vivement) pour plusieurs heures de jeu, il n’est donc pas particulièrement nécessaire d’attendre les soldes !

En bonus si vous cliquez sur l’image : une petite session d’ASMR. C’est cadeau.

 

Pour Contre
+ Bonne courbe de progression  Mais tout de même assez difficile d’entrée de jeu
+ Une certaine liberté quant à l’ordre de complétion des zones  D’autres points tels que l’histoire vague peuvent déplaire à certains
+ Plusieurs fins
+ Zones optionnelles qui rajoutent plusieurs heures de jeu
+ Très bonne direction artistique, que ce soit pour la musique ou le monde dessiné à la main
+ Mention spéciale à la zone de platforming largement inspirée de Super Meat Boy

 

ratdo

 

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