The Eternal Castle [REMASTERED]

The Eternal Castle est le remaster d’un jeu qui… n’a jamais existé ! Sorti tout droit de l’imagination de Leonard Menchiari, Daniele Vicinanzo et Giulio Perrone, le soft propose un intéressant retour aux sidescrollers d’aventures tels que Prince of Persia et Flashback. Plateformes et combats se rencontrent dans un univers post-apocalyptique pixelisé à l’ambiance sombre et intrigante. Voyons ce que The Eternal Castle [REMASTERED] a à proposer.

Développeurs: Leonard Menchiari, Daniele Vicinanzo et Giulio Perrone
Distributeur: Playsaurus
Date de sortie: 5 janvier 2019
Plateformes: PC, Mac
Genre: Action, Aventure, Plateforme

Un remaster d’un jeu inédit ?!?

The Eternal Castle serait, selon les développeurs, un jeu MS-DOS sorti en 1987 dont l’existence a été oubliée dans les méandres de l’histoire… Il s’agirait d’un soft auquel ils jouaient quand ils étaient petits, mais qu’ils perdirent à jamais suite à la destruction de la disquette le contenant. Ils auraient alors remasterisé le jeu en se basant sur leurs souvenirs d’enfance. Il faut dire que le résultat est convaincant. Avec ses graphismes pixelisés néons, ses animations fluides dignes de Prince of Persia et sa musique au synthé, on pourrait, au premier abord, penser qu’il s’agit là d’une réelle remise au goût du jour d’un obscur jeu de plateforme, mais il n’en est rien. En effet, selon un article de Polygon recensant toutes les informations concernant le jeu original, toute trace de The Eternal Castle disponible en ligne serait fausse. Le kit de presse révèle également que le but du jeu est de « se rapprocher le plus possible du jeu de rêve auquel ils [les développeurs] auraient voulu jouer quand ils étaient des enfants », ce qui confirme qu’il s’agit bien d’un soft inédit.

Difficile de croire que des scènes aussi fluides et détaillées aient pu exister en 1987.

À quoi bon, alors, inventer une backstory de toute pièce et faire un faux remaster ? Plusieurs réponses sont possibles, une simple démarche marketing par exemple. Cependant, j’argumenterais que le flou autour du jeu et de sa genèse renforce son identité mystérieuse déjà bien marquée.

Bleu, blanc, rose

S’il y a bien un élément qui caractérise Prince of Persia et Flashback, c’est leurs animations raffinées. Sans surprise, on trouve dans The Eternal Castle une qualité impressionnante d’animation, quasi-cinématique par moment. Fluides, détaillées et complexes, ces dernières brillent dans l’univers pixelisé et sombre qu’on nous présente. Le soft joue également sur la lumière et le clair-obscur, plongeant parfois le joueur dans le noir et ne mettant en évidence que le bord des éléments du décor, offrant un rendu singulier mais toujours limpide. Les couleurs criardes des paysages que l’on traverse ne plairont pas à tous, mais ajoutent une touche old-school sympathique à l’ensemble.

Des passages comme ce cimetière profitent d’un impressionnant jeu de lumière.

Adam, Eve et la conquête spatiale

The Eternal Castle se passe dans un univers post-apocalyptique dans lequel les humains ont créé une société autour de la Terre, qui était devenue inhabitable. Suite à des guerres, le réseau qui permettait à toutes ces stations spatiales de fonctionner fut coupé. Une unité, composée d’Adam et d’Eve, fut alors envoyée sur la planète pour restaurer le système, mais n’est jamais revenue… On suit donc soit Adam, soit Eve, dans leur parcours dangereux pour sauver la dernière colonie spatiale en réinitialisant une intelligence artificielle conservée au centre d’un château, le fameux Eternal Castle.

Si on peux d’abord penser que le scénario est relativement simple à suivre, le jeu laisse çà et là quelques détails troublants… D’abord, on se rend compte que, lorsqu’on meurt, on ne revient pas à la vie, mais on se « réveille » au checkpoint précédent. De plus, plusieurs personnages que l’on rencontrera au long de notre aventure nous diront de revenir « quand on sera réveillé », ou que l’on altère la réalité en recommençant à un point de sauvegarde. Étrange, donc, mais The Eternal Castle nous laisse dans le flou tout le long de la partie et ne donne aucune explication concernant notre état.

Cela prend cependant une toute autre dimension une fois une partie terminée. En effet, relancer le soft lance une partie en New Game+, dans laquelle on ne peut pas continuer une fois qu’on est mort. Cette mort permanente s’accompagne d’un étrange message, expliquant que c’est ainsi que l’aventure de notre personnage prend fin. Et c’est là que, normalement, le joueur fait la connexion avec l’atmosphère onirique de sa première partie : celle-ci est un rêve. Même si ce n’est pas la plus impressionnante des révélations, elle reste néanmoins très intéressante, puisque cela remet en question nos actions passées et justifie le panneau de texte en début de partie, qui précise que l’équipe envoyée sur Terre n’est jamais revenue… Une triste histoire donc, qui demande de finir une run en NG+ sans mourir pour avoir un semblant de fin positive.

La mystérieuse IA que l’on doit secourir.

Tatane et fusillades

Le gameplay de The Eternal Castle se rapproche du premier Prince of Persia et de Flashback, deux jeux mélangeant plateforme et combat, respectivement à main nue et à l’arme à feu. On trouve ici une combinaison de ces éléments, qui possèdent tous une profondeur remarquable. La première étape sera de choisir entre Adam et Eve…

Puis vient la plateforme, qui est primordiale, puisque les niveaux proposent, pour la plupart, une verticalité à exploiter. Nos deux protagonistes ont une panoplie de mouvements à leur disposition leur permettant de franchir tous les obstacles qu’ils rencontreront : ils peuvent entre autre courir, marcher à pas feutrés, sauter, escalader, rouler, se baisser, et contrôler la longueur de leur saut. Pour les phases de plateforme, Eve reste la plus performante, puisque sa barre d’endurance diminue plus lentement et qu’elle est plus agile que son compagnon.

On a ensuite le combat au corps à corps, qui, non seulement, profite d’un large éventail de coups et de techniques, mais bénéficie également de la possibilité de s’équiper d’armes blanches et contondantes. Le personnage que l’on aura sélectionné pourra alors terrasser ses adversaires en leur donnant des coups à la force variable, en roulant pour esquiver, en bloquant et en lançant des projectiles, ce qui est possible à main nue comme avec des armes, qui donnent plus de force à nos coups. Ici, Adam est plus efficace, puisqu’il tape plus fort et encaisse mieux.

Les phases de plateforme et de corps à corps peuvent donner un résultat dynamique…

Enfin, on devra se battre à l’aide d’armes à feu diverses et variées que l’on récupère sur les corps de nos adversaires. Ici, c’est Eve qui a l’avantage, puisqu’elle est plus précise. Vous l’aurez remarqué, puisque chaque personnage a des bonus qui lui sont propres, le choix en début de run est primordial et va influencer l’expérience de jeu.

En plus de tout cela, le jeu cache de nombreux équipements qui rendront notre personnage plus résistant et plus efficace. De même, on pourra chercher des items à collecter pour avoir la vraie fin, et terminer le jeu à 100%. The Eternal Castle est donc d’une impressionnante richesse, malgré les trois petites heures que prennent chaque run, et profite ainsi d’une rejouabilité accrue.

Parfois, on devra se battre sur tous les fronts.

Violence sur le dancefloor

Si les graphismes sont d’une excellente facture, la bande-son n’est pas en reste. Composées de pistes dynamiques portées par des synthétiseurs envoûtants et des boîtes à rythme sèches et endiablées, la soundtrack de The Eternal Castle profite de la technologie actuelle pour rappeler les années 1980. Techniquement au point et accompagnant parfaitement les scènes endiablées auxquelles on est confronté, la musique offre une bonne dose d’adrénaline, nécessaire si l’on veut survivre.


Même la musique du trailer claque !

Bien démarrer 2019

L’année commence fort avec un jeu indépendant qui puise dans la nostalgie tout en restant original. Avec ses graphismes pixelisés aux couleurs néons, sa musique énergique, son gameplay complexe et varié, son univers intriguant et sa grande rejouabilité, The Eternal Castle [REMASTERED] est à la fois un chouette retour dans le passé et une expérience novatrice qui fait plaisir à voir. Un petit bijou pour démarrer 2019, en espérant que le reste de l’année sera elle aussi riche en surprises !

Pour Contre
+ Des graphismes originaux New Game+ frustrant
+ Une bande-son dynamique Peut s’avérer répétitif
+ Un univers intéressant
+ Grande rejouabilité
+ Un gameplay complexe et impitoyable

Ante

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