Une année en Pixels

Au sortir d’une année 2017 complètement folle pour l’industrie du jeu vidéo, les attentes sur l’année 2018 ne pouvaient être que gigantesques. Si la précédente était l’année des gros titres massifs et imposants, on peut dire que cette année était celle des belles surprises et de l’émerveillement créatif !

Pour réchauffer les chaumières et préparer le début du printemps, c’est à coup de boules d’énergies en tout genre et de joysticks brûlés par des mouvements frénétiques que Dragon Ball FighterZ donne le premier coup de chaleur. Grande star de l’E3 précédent, le titre envoie du très lourd avec un retour aux fondamentaux du jeu de combat en y incorporant l’univers le plus reconnaissable des univers de manga. Brisant la tradition de semi-médiocrité des jeux DBZ, cet opus mise sur un gameplay extrêmement précis et terriblement fun plutôt que sur un grand casting de personnages. Résultat, chacun des combattants affiche un style unique et surprenant, et les combats sont une joie tant chaque match-up donne une nouvelle dynamique au jeu. Avec un mode en ligne ma foi presque parfait et une grosse communauté en appui, FighterZ crée dès sa Genèse une base solide de joueurs pour occuper les serveurs en masse. Les fans de jeu de combat y trouvent leur compte, mais ceux de DBZ aussi. Ceux-ci (dont moi) bavent probablement encore à l’heure qu’il est sur les prouesses graphiques de FighterZ, qu’on croirait tout droit sorties de l’animé.

Les bourgeons éclos, le paysage s’ouvre et s’illumine et l’été arrive avec la perspective d’un très beau voyage. Octopath Traveler fait renaître le JRPG classique de l’époque de la SNES, exploitant les recettes des vieux Final Fantasy tout en y amenant de nouvelles dimensions narratives et visuelles issues d’une conception plus moderne du genre. Un voyage fait de rencontres uniques et marquantes pour huit protagonistes à la recherche de diverses choses, mais tous animés par une même fougue. Avec ses graphismes au mieux très beau et au pire intéressants, ainsi qu’une bande son à couper le souffle, Octopath Traveler offre aux propriétaires de la Switch une exclu poétique à souhait, bourrée de narration fascinante et qui donnera envie aux plus sédentaires de poser la manette et préparer leur sac à dos pour partir à l’aventure et à la rencontre de l’inconnu.

Alors les feuilles se mettent à tomber. Après un long périple, on délace les grolles et on ferme petit à petit les fenêtres. L’extérieur se refroidissant, le monde des rêves commence à prendre plus de place dans le quotidien. C’est alors que Toby Fox, presque sans prévenir, balance l’aperçu de son prochain jeu à la date de sortie plus que mystérieuse : DELTARUNE. Le rêve devient réalité, l’auteur du retentissant UNDERTALE revient avec une… suite ? Pas tout à fait, mais en tout cas une continuité au niveau de ce que les joueurs peuvent recevoir derrière l’écran. Toujours aussi drôle, toujours aussi surprenant, il mène par le bout du nez celles et ceux qui se laisseront prendre par le monde des ténèbres pendant les quelques heures de ce premier chapitre. DELTARUNE verra peut-être le jour demain, peut-être dans une décennie, mais l’automne nous a appris que c’était une perspective extrêmement prometteuse.

Et puis viennent enfin les flocons de l’hiver et le spleen de la fin de l’année. Ceux qui bossent sont dans un rush pour classer les affaires courantes, ceux qui étudient se tuent en révisions interminables. Période statistiquement élevée de rupture de couples et de taux de suicide, l’hiver ne donne pas toujours de quoi se réjouir. Cette période peut sembler comme un pique enneigé à gravir à la seule force de ses bras. C’est dans mes longs trajets de train que j’ai découvert le jeu pour le traverser : l’excellent Celeste. Je terminerai en m’exprimant en « je », car c’est un jeu extrêmement personnel. Pour ma part, cette belle métaphore de combat pour surmonter ses propres démons amène une complexité introspective rarement vue dans le jeu vidéo. C’est une narration magnifique à travers une protagoniste attachante comme tout, et une allégorie à laquelle chacun pourra s’identifier de manière différente. A côté de cela, un gameplay précis et dynamique, du level-design très bien pensé, une bande son hypnotisante par sa beauté atmosphérique et la présence de défis de tailles pour les plus bornés ajouteront de quoi satisfaire n’importe quel joueur digne de ce nom.

Andreios

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