Celeste

Vous aimez la plateforme ? Bien. Vous aimez le challenge ? Bien. Vous êtes dépressif ? B… Disons que si vous avez répondu oui aux deux premières questions, on a peut être de quoi vous remonter le moral. Ce super Xanax se prénomme Celeste, et il est là pour vous faire sortir les doigts, et les poser sur la manette.

Développeur : Matt Makes Games
Date de sortie : 25 janvier 2018
Support(s): Linux, Mac, PC, PS4, Switch, Xbox One
Genre : Plateforme

De la plateforme pas comme on ne l’aime pas

Comme décrit dans cette magnifique intro, Celeste est un jeu de plateforme dans lequel vous incarnez Madeline, une jeune alpiniste dont le but est d’atteindre le sommet du Mont Celeste. Cependant, Madeline n’est pas une héroïne classique (dans le sens commun et littéraire) et se caractérise par deux choses : elle est dépressive (on y reviendra) et capable de dasher. C’est sur cette dernière aptitude que se concentrera l’essentiel du gameplay ; d’une simple pression le personnage sera à même de dasher dans n’importe quelle direction, mais devra reposer pieds au sol pour pouvoir dasher à nouveau. De plus, le personnage est capable de toutes les actions classiques de la plateforme (saut à hauteur variable, walljump etc.) et pourra également s’accrocher au mur pendant une durée limitée. Le personnage se contrôle très aisément, même s’il faudra choisir entre la précision de la croix directionnelle (mais qui réduit le nombre de directions possibles) ou le joystick, agréable dans toutes les directions, mais qui limite un peu à la précision. Les deux types de contrôles demanderont un petit temps d’adaptation, mais ne pêcheront jamais, même avec le challenge proposé.

Plus ça monte, moins ça descend

Celeste nous fait le plaisir d’exploiter au maximum la richesse de son gameplay en nous offrant des niveaux variés et très agréables à parcourir. Exploitant habilement les différentes capacités du personnage avec un game design et des mécaniques de jeu bien huilées (et plus ou moins originales), le jeu permet de garder notre attention tout au long des niveaux en variant les idées et leurs applications. Si on retrouve les classiques niveaux avec du vent, des plateformes mouvantes etc. on découvre aussi beaucoup d’idées originales (gelée conservant le dash, transport d’un bloc le long du niveau..) qui apporte un réel vent de fraîcheur sur tout le jeu. On regrettera le nombre limité de niveau, mais ceux-ci sont largement compensés par la richesse des secrets et les différents défis offerts par le jeu.


Figure 1: Les idées de game design se mêlent : ici on ne peut marcher qu’une fois sur chaque surface, et les boules rouges nous éjectent dans une direction

Des fraises à en tomber enceint(e)

Disons le directement, Celeste est un jeu dur et mettra à rude épreuve même les joueurs les plus aguerris. Cependant, le jeu a la bonne idée de nous accompagner dans cette épreuve, permettant d’éviter à sa manette un malheureux accident de défenestration. Première bonne idée, les fraises. En plus d’être riche en vitamine C, les fraises permettent ici d’offrir plusieurs niveaux de difficultés au sein d’un même niveau. Disséminées (et plus ou moins cachées) le long des niveaux, elles seront des objectifs purement facultatif mais demandant souvent un réel effort pour les atteindre. Un vrai plaisir pour les néophytes qui pourront parcourir les niveaux sans prises de tête, et les completionniste et amateur de challenge pour lesquels le 100 % aura un réel intérêt. Celeste a également la bonne idée d’étendre cette difficulté adaptative bien plus loin, en offrant à la fois des facilités bien plus avancés (du ralentissement de la vitesse du jeu à un mode invincible) et des véritables épreuves pour les plus fous (niveaux cachés, niveaux cachés dans des niveaux cachés etc.) Ainsi, plutôt que de se poser comme un jeu plateforme élitiste, Celeste offre un plaisir de jeu à tout le monde, et on ne peut que l’en féliciter.


Figure 2: Les fraises, facultatives, offrent un challenge supplémentaire pour ceux qui le veulent

Dépression je dis non

En plus d’offrir un jeu d’une extrême richesse, Celeste a l’audace d’offrir une histoire un minimum construite. Comme dit plus haut, Madeline est dépressive, et son ascension du Mont Celeste sera sa sortie métaphorique de sa stase mélancolique. Le jeu a la bonté d’offrir un discours construit et sérieux sur la souffrance de l’héroïne, sans plonger dans le pittoresque ou le baroque. Le jeu réutilise la richesse de sa proposition pour y développer tous les obstacles de l’héroïne dans ses tourments, et la difficulté intrinsèque du titre traduit finalement toute la volonté et tous les efforts nécessaires au changement de sa condition. Si l’environnement et le gameplay traduisent très bien cette idée, on regrettera toutefois l’aspect un peu simple et premier degrés de ces dialogues. En effet, plutôt que de simplement soutenir la progression, les différents échanges marquent trop l’idée pourtant déjà développée de manière suggestive tout au long du niveau, allant presque jusqu’au didactisme sur certains points.


Figure 3: Les dialogues ont tendance à « surexpliquer » chaque phase de l’aventure

Celeste est un très bon jeu de plateforme. Varié, et très maniable, il offre un défi corsé mais accessible à tous. Il offre également un très bon discours sur la dépression, qui, même si un peu gauche, offre une réelle réflexion et proposition. Disponible partout, il serait dommage de s’en priver…

Pour Contre
+ des niveaux variés Point négatif
+ un bon contrôle du personnage… … malheureusement limité par le hardware
+ Une réflexion intéressante… … mais maladroitement exprimée

La_Brise

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