J’aurais aimé : Breath of the Wild

J’ai aimé Breath of the Wild (BOTW). Ne nous mentons pas, ce jeu a un potentiel énorme. Citons brièvement le système d’équipements dont la durabilité oblige le joueur à s’aventurer toujours plus loin pour en obtenir de nouveaux, les gadgets débloqués dès le début du jeu permettant un panel d’actions incroyablement variées ainsi que les donjons qui exploitent lesdits gadgets à la perfection. Tout ce jeu, une fois passé le cap d’être lâché dans un univers immense, démontre qu’il est possible de s’affranchir des limites du matériel de départ pour s’en accommoder comme on le désire. Ainsi BOTW varie les angles d’attaques au moyen d’une narration libre et de possibilités dantesques. Enfin, il a profité de son aura de jeu de la licence Zelda pour apporter un vent de fraicheur au JRPG et au RPG de manière générale et a redéfini la notion de monde ouvert.

Mais j’aurais aimé l’apprécier encore plus. J’aurais aimé le redécouvrir une seconde fois après le boss final. Je m’explique et sans spoiler :

BOTW est un JRPG et de manière générale, ces jeux disposent de ce que l’on appelle communément un new game +, mode de jeu offrant une fois ce dernier terminé la possibilité de le refaire sans perdre sa sauvegarde tout en continuant à débloquer du contenu supplémentaire. Dans un univers aussi vaste que celui de BOTW, on a vite fait d’oublier une zone de la carte, un temple ou une quelconque relique vue après sur les Internets, et ce genre de « suite » offre donc une chance au joueur de prolonger son expérience ou de retenter des quêtes qu’il aurait pu échouer. Il y en a bien un : le Master Mode, mais il consiste à recommencer de zéro dans un univers plus dur, mais plus riche d’équipements. Toutefois, point de nouveauté, on prend les mêmes et on recommence.

Non, j’aurais aimé un BOTW + où le chaos s’est dissipé et le ciel n’est plus ravagé pas les rayons des créatures divines. Un monde où les monstres qui nous attaquaient à vue, car sous l’emprise de Ganon, soient apaisés, et continuent leur vie quand je passe à côté d’eux. Un monde où les Gardiens, terreurs mécaniques redeviennent des alliés d’Hyrule et qu’il soit possible d’arpenter le jeu aux côtés de ces derniers. Que l’on puisse approfondir nos connaissances sur ces êtres, mais qu’une poignée, encore corrompue à certains endroits stratégiques demeure hostiles envers nous. Un monde où le héros est félicité pour son acte de bravoure et que de nouvelles options tant de dialogues que de quêtes et d’opportunités apparaissent dans les régions précédemment explorées ! Dans le même ordre d’idées, de nouveaux PNJs pourraient faire leur apparition, incitant le joueur à arpenter une seconde fois des régions déjà bien connues. Il en est de même pour les quatre machines antiques et divines. Une fois vaincue, elles dirigent un rayon blessant Ganon et facilitant le combat finale. Néanmoins, une fois celui-ci battu, le jeu nous fait revenir dans un monde juste avant cette bataille décisive. Un choix logique des développeurs étant donné la grandeur de leur jeu. Hélas, cela gâche le ciel d’Hyrule. On pourrait me dire ici qu’il suffit de speedrunner le jeu et de vaincre Ganon sans ces machines pour ne pas avoir ces éclairs rouges zébrant les cieux, mais cela serait de mauvaise foi.

Une des quatre machines antiques corrompues, continuant à tirer son rayon alors que Ganon a été vaincu : un manque d’immersion et de cohérence du monde

Si BOTW est un succès, c’est justement qu’il fourmille de ces détails, de ces petites attentions tout au long de l’aventure. On saisit de nouvelles mécaniques de jeu chaque session, on découvre un nouveau mini-boss, un nouveau plat chaque fois qu’on y joue et je ne parviens pas à expliquer ce manque de finitions pour un jeu de cette ampleur. Je ne le comprends pas, mais je ne déprécie pas pour autant ce jeu. J’ai aimé Breath of the Wild, je t’ai aimé une fois, mais l’envie de te relancer une fois Ganon terrassé, est bien absente aujourd’hui. L’idée de ramasser les 900 noix Korogus ou de trouver les 140 sanctuaires ne parvient pas à éveiller en moi un sentiment de joie, mais uniquement de monotonie. Peut-être trouverais-je une relique oubliée, un PNJ que je n’avais pas dénichés au début, peut-être bien, mais l’idée que cela ne sert désormais plus à rien ne m’encourage pas à y rejouer. Ces mêmes PNJs, qui nous proposent, pour l’écrasante majorité, des quêtes sans saveur, car basique au possible, vues et revues, ne justifient pas non plus, à mon avis, un démarrage de la console.

Cette absence de motivation, est-elle imputable aussi à l’absence de succès sur les consoles Nintendo ? Aurais-je la satisfaction de débloquer un succès relatif à l’exploration et à mon approfondissement de mes connaissances du monde d’Hyrule si l’on me tendait une récompense à chaque accomplissement ? Je ne peux pas garantir à 100% que je n’essayerais pas de les accomplir. Peut-être est-ce là d’ailleurs qu’il faut chercher le sens de BOTW. Abandonné dans un univers si vaste, sans carte (au début), peut-être que le jeu désire simplement que nous fixions nos propres objectifs et que la satisfaction ne doit provenir que nos propres limites ? Est-ce que ces éléments seront ajoutés au prochain opus de la saga qui a su placer la barre si haut que tenir la même qualité sans devenir un copié-collé ? Peut-être. Néanmoins, et malgré ce que j’ai pu écrire, j’ai apprécié Breath of the Wild, j’aurais aimé t’aimer davantage, mais je t’ai aimé.

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