XCOM: Chimera Squad

XCOM fête ses 25 ans ! Quoi de mieux pour souffler ses bougies que de sortir sans crier gare une suite au monument que fut XCOM 2 ? La réponse est simple : proposer du changement, du neuf, de l’idée, le tout dans une aventure plus courte que les précédentes, et ce pour un prix plutôt dérisoire pour la série. Firaxis a voulu faire ça en grandes pompes et, autant le dire tout de suite, c’est réussi !

Développeurs : Firaxis
Éditeur : 2K Games
Date de sortie : 24 avril 2020
Plateformes : PC
Genres : Stratégie au tour par tour, Gestion

Sons of Anarchy

L’occupation de la Terre par les extra-terrestres a pris fin il y a cinq ans, et la ville City 31 est un exemple d’intégration entre les aliens qui ont survécu et les humains. C’était sans compter un attentat soudain visant la maire de la cité : dirigé par un groupe séparatiste qui veulent finir le travail qu’XCOM a commencé, cet événement ravive les tensions qui sommeillaient depuis la guerre entre les deux factions. La pression monte pour la police de City 31, différents groupes criminels sortent de l’ombre et sèment le trouble dans les différents districts ; on craint alors une guerre civile. XCOM profite de la situation pour déployer sa nouvelle unité, Chimera Squad, une équipe d’intervention en appui aux forces de l’ordre pour empêcher que la situation ne dégénère. Particularité du groupe : pour la première fois, extra-terrestres et humains combattent côte à côte. Leur mission principale est de découvrir qui a commit l’attentat contre la maire de City 31, en démantelant trois organisations criminelles qui sévissent en ville.

Sans s’attarder sur un scénario relativement prétexte, XCOM se concentre plutôt sur ses personnages et leurs interactions. En effet, contrairement aux précédents opus, chaque soldat dans Chimera Squad est un personnage à part entière, avec son caractère, son histoire et ses pouvoirs spécifiques. Et alors que là où les intrigues politiques sont certes intéressantes mais jamais prenantes, c’est les relations qu’entretiennent les membres de l’équipe qui donneront pleinement vie aux missions.

Mais qui donc a tué Nightingale?

Looks cooler with explosions

Côté graphisme, le jeu tourne sur l’Unreal Engine 3, tout comme XCOM 2. Certaines animations de ce dernier se retrouvent d’ailleurs dans cette suite. Même avec des réglages économiques, City 31 rend extrêmement bien, avec ses environnements détaillés et ses combats vivants. Là où Chimera Squad se démarque, c’est dans ses cinématiques dessinées à la main et son esthétique aux couleurs néons. Jusqu’alors, le ton avait toujours été grave et sombre, mais ici le jeu déborde de roses, de violets et de bleus flash, et se targue d’une patte graphique unique à la série pour sa narration. Des changements qui peuvent sembler surprenants au premier abord, mais dont profite pleinement cet opus.

Mention spéciale, donc, aux cinématiques.

Capturer pour mieux régner

Comme ses prédécesseurs, XCOM: Chimera Squad est un jeu de stratégie au tour par tour (abrév. TBS, de l’anglais Turned-Based Strategy) dans lequel on combat, sous forme de missions se passant dans une zone fermée et clairement délimitée, des extra-terrestres. Cet épisode ajoute un bon nombre de nouveautés et de changements à la formule de base de la série dans le but de la rendre plus dynamique et accessible.

Un des gros changement est la structure des missions, qui évolue d’opus en opus. Dans XCOM: Enemy Unknown, elle est on ne peut plus simple, puisqu’on envoyait nos unités sur un champ de bataille pour repousser des aliens. Dans XCOM 2, une phase est ajoutée avant cela, l’infiltration ; ainsi, le rythme des missions se calque au scénario, où la Terre est occupée par les extra-terrestres et que les troupes d’XCOM forment une résistance qui agit dans l’ombre. Dans Chimera Squad, la structure prend la forme d’une succession de rencontres avec l’ennemi, entrecoupées du mode Brèche, où l’on place nos unités à des points d’entrées que l’on force pour surprendre nos adversaires. Dès lors, le rythme est sensiblement différent d’avant, puisque le mode Brèche instaure des pauses au milieu de chaque mission et dynamise l’entrée en combat de nos troupes, notamment en leur octroyant des attaques gratuites avant même que nos unités soient placées pour le combat. De plus, on se sent vraiment comme un force d’intervention policière et donc parfaitement immergé l’histoire qui nous est présentée.

Le mode Brèche offre un rendu hyper nerveux.

Ce mode Brèche permet également d’agir comme un « reset » des conditions de nos soldats : par défaut, ils se soignent jusqu’à la moitié de leurs points de vie, rechargent leurs armes et perdent leurs malus, comme les brûlures ou l’étourdissement. De cette façon, la reprise du combat dans la pièce d’à côté n’est que plus facile et jubilatoire. D’ailleurs, les combats sont largement plus dynamiques grâce à un deuxième changement notable à la formule : les tours d’XCOM et des aliens ne sont plus alternés. En effet, dans les opus précédents, on disposait d’un temps illimité pour déplacer et faire tirer tous nos soldats avant de laisser tous les extra-terrestres jouer ; en d’autre terme, il y avait notre tour, et celui des ennemis, clairement séparés. Ici, ce n’est pas le cas, puisque, à la manière d’un jeu de rôle papier, nos troupes ont un niveau d’initiative qui détermine leur ordre dans le bataille. Cela veut dire qu’il faudra se montrer bien plus réactif, puisqu’un ou plusieurs aliens pourront réaliser des actions entre deux de nos soldats. Cela dynamise la formule, tout en proposant une nouvelle perspective stratégique, puisqu’on peut interrompre les actions de certains ennemis, empêcher un alien de bouger, faire équipe avec un allié pour le faire jouer plus vite, etc. On doit donc être plus réactif quand on joue à Chimera Squad, puisque la situation évolue constamment, ce qui rend le jeu plus nerveux et chaque moment plus intense.

À droite, l’ordre d’attaque de nos soldats et des ennemis, entremêlés.

Le seul bémol avec des simplifications est que nos soldats ne peuvent pas mourir : une fois leur vie à 0, ils s’effondrent et se vident de leur sang pendant 3 tours  ; un durée généreuse durant laquelle on peut les stabiliser, ce qui les rend HS pour le reste de la mission mais ne les tue pas. Si on échoue à les aider dans le temps imparti, ils meurent. À ce moment-là, c’est game over et chargement d’une sauvegarde précédente. Dès lors, on s’inquiète beaucoup moins qu’un soldat de haut niveau se fasse toucher, puisqu’il ne peut pas mourir. Ce n’est pas un mal en soit, puisque la mort a tout de même une conséquence, on a techniquement perdu si un soldat décède, mais cela retire une partie des enjeux des combats.

Un dernier changement notable est la présence, dans nos troupes, d’extra-terrestres qui se battront à notre côté. Vous en aviez marre des Vipères et de leur poison ? À votre tour de mordre vos adversaire ! Les Berserkers mettaient vos troupes à mal ? C’est maintenant à vous de foncer dans le tas comme un bourrin ! Le jeu fait d’ailleurs l’emphase sur la capture d’ennemis, qui se fait au corps-à-corps. On est largement encouragé donc se montrer agressif et à aller au contact.

Ça fait beaucoup à gérer

Car oui, comme dans les opus précédents, on retrouve la phase de gestion, qui nous permet de s’occuper et de personnaliser nos soldats, les envoyer en opérations pour obtenir des bonus, acheter de l’équipement et faire de la recherche pour débloquer des améliorations. Il y a un peu moins à faire de ce côté là, ce qui s’explique par la durée de vie plus modeste du jeu et le fait que nos soldats ne sont pas modifiables, au-delà de la couleur de leur tenue. Une première nouveauté mineure est que nos troupes, si elles rentrent blessées, peuvent obtenir un handicap qu’il conviendra de guérir dans en salle d’entraînement. Une seconde est qu’on peut construire des stations dans chaque quartier de la ville pour gagner ponctuellement de l’argent et des ressources.

Comme expliqué plus haut, City 31 est en proie à la tourmente, ce qui est représenté par une jauge de Trouble unique à chacun des neufs quartiers. Le niveau de Trouble peut monter jusqu’à 5. Du moment où au moins un quartier a atteint ce stade, la jauge d’Anarchie de la ville augmente de 1 tous les jours, et peut s’élever jusqu’à 14. À ce moment-là, c’est game over : City 31 sombre dans le chaos et la guerre civile, et nos efforts auront été vains. Cette mécanique ressemble beaucoup au Projet Avatar dans XCOM 2, qui introduisait une condition d’échec similaire. Il faudra alors choisir judicieusement les missions que l’on réalise afin de maintenir du mieux que possible le taux d’Anarchie au plus bas.

La mécanique d’Anarchie met parfois sacrément la pression…

Des sons d’un autre monde

Musicalement, cet opus mise bien plus sur des synthés que ses prédécesseurs, qui proposaient un ensemble orchestral plus classique. Comme ces derniers, Chimera Squad joue avec les leitmotivs, des mélodies que l’on retrouve parsemées et répétées dans de nombreuses pistes. La bande-son exacerbe la pression à laquelle est soumise l’unité Chimera, notamment en jouant avec la spatialisation des battements et les cymbales, qui virevoltent à droite et à gauche, ce qui traduit le sentiment de ne pas savoir où donner de la tête et que tout peut basculer d’un moment à l’autre. Lors des combats, les boîtes à rythmes endiablées maintiennent en haleine, alors que les synthés nerveux assaillissent les morceaux de part et d’autres. Le jeu se conclut finalement par une piste mélangeant musique électronique et orchestrale, pour un dernier combat mémorable et épique, porté par une troupe de cordes et de cuivres majestueux et imposants.


L’intégralité de la bande-son est disponible sur la chaîne officielle du jeu

City 31 peut dormir tranquille

Comptez une petite trentaine d’heures pour terminer Chimera Squad, où chaque instant déborde de contenu et de combats intenses. Novateur, le nouveau bébé de Firaxis se construit sur les fondations solides de la série pour proposer une expérience familière et dépaysante à la fois. Il peut s’avérer être un bon premier XCOM, puisqu’il simplifie certaines mécaniques et dynamise son gameplay. Il plaira également aux habitué.e.s, qui y retrouveront la stratégie jubilatoire qui fait la force de la saga depuis ses débuts. Un immanquable.

Pour Contre
+ Des graphismes détaillés La RNG sur les tirs peut s’avérer frustrante
+ Une esthétique nouvelle et réussie  Quelques crashs en cours de mission
+ Des doublages vivants de qualité
+ Une sublime bande-son
+ La formule XCOM revisitée
+ Un gameplay riche et addictif
+ La rejouabilité et les mods

Ante

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