L’année 2020 de Ante

Prix « Jeu de l’année » – Hades

Hades est un jeu spécial et cher à mon cœur. Il y a beaucoup à dire sur le jeu. Je ne m’étalerai pas trop ici, ayant déjà rédigé un article pour Pixels à son sujet, mais je soulignerai les points qui sont marquants et qui valent le détour.

Le premier, c’est sa direction artistique raffinée, détaillée et colorée. SuperGiant Games sont connus pour leur patte graphique soignée, et Hades en est un sublime exemple : les dessins à la mains sont superbes, les animations sont dynamiques et vivantes, et les Enfers desquels on cherche à s’enfuir sont à couper le souffle. À cela s’ajoute la bande-son d’excellente facture par Darren Korb, le compositeur fétiche du studio, qui signe ici ses morceaux les plus dynamiques, mettant en avant batterie et guitare électrique pour des moments de pure folie.

Si la direction audiovisuelle vaut le détour presque à elle seule, le gameplay sera là pour vous maintenir accroché.e à votre manette de début à la fin. Rogue-like addictif à la progression parfaitement maîtrisée, on ne s’ennuie pas une seule seconde, malgré le fait qu’on refasse encore et encore le même parcours pour s’échapper des Enfers. Avec une panoplie d’armes au gameplay et améliorations variées, un système d’upgrades données par les Dieux de l’Olympe, le Pacte des Châtiments qui offre la possibilité de personnaliser les paramètres de sa partie, des variations dans les boss, les salles et les personnages que l’on rencontre, on n’a pas le temps de s’ennuyer jusqu’à l’épilogue du jeu.

En parlant d’épilogue, l’histoire est à la fois touchante et drôle, écrite d’une main de maître, et profite d’un casting de doubleurs et doubleuses incroyables. Mais ce qui est vraiment génial, c’est la cohérence ludo-narrative qui fonctionne à merveille, avec un scénario et un gameplay qui se complimentent, se complètent et se répondent.

En somme, Hades est une véritable leçon de game-design en tout point, que je ne peux recommander assez à quiconque aime les rogue-likes.

Prix « Jeu de l’année si Hades n’existait pas » – XCOM: Chimera Squad

J’en ai également parlé pour Pixels, mais le dernier né de la saga XCOM, sorti sans crier gare pour fêter les 25 ans de la série, est lui aussi une petite pépite. Reprenant le gameplay stratégique au tour par tour de ses prédécesseurs, Chimera Squad propose de nombreuses nouveautés et variations à la formule, la rendant plus dynamique et accessible sans perdre en challenge. Profitant des excellentes bases posées par XCOM 2 pour sa direction artistique, ce nouvel opus est à mes yeux le meilleur jeu de stratégie sorti cette année, et mérite amplement qu’on s’y attarde.

Prix « Pas du tout le jeu de l’année » – Fall Guys

Bon, j’avoue troller légèrement, mais il est vrai que de tous les jeux sortis cette année auxquels j’ai joué, Fall Guys est celui que j’ai le moins apprécié. Non pas qu’il soit mauvais en tant que tel, je suis même plutôt fan de la direction artistique, avec ses personnages mignons et colorés et sa musique rigolote. Je suis même conquis par le concept, de faire un battle royale autour des jeux télévisés à la Interville ou Takeshi’s Castle.

Mais mon problème vient du fait que mon expérience dessus fut plus frustrante que fun. De par ses contrôles volontairement imparfaits et la présence de 60 joueur.euse.s sur le même terrain, il s’agit souvent plus d’un gros champ de bataille où la chance plus qu’autre chose vous permettra de gagner. À cela s’ajoute une communauté passablement détestable, qui cherche à saboter vos parties en vous poussant, bloquant le chemin à tort et à travers, je ressortais de sessions de 45min en ne voulant plus y jouer avant quelques jours, et je ne peux recommander Fall Guys en me basant sur mon expérience. Beaucoup ont aimé, et je suis sûr que beaucoup y trouveront leur compte, mais cela se fera sans moi, malheureusement.

Prix « Jeu de l’année 2021… peut-être » – Hitman 3

Peu de sagas me transissent autant que le reboot de la série Hitman. Après deux épisodes grandioses proposant des niveaux gigantesques dans lesquels on devait assassiner jusqu’à trois cibles, la seule chose que je demanderai à ce troisième opus est simplement de proposer des environnements aussi massifs que ses prédécesseurs. Rien de plus. La formule est tellement bien formée, un véritable sans faute, à tel point que je ne voudrais pour rien au monde qu’IO Interactive la remanie ou la modifie trop drastiquement. C’est probablement la série de jeux d’infiltration bac-à-sable la plus réussie du moment, et en ce sens, j’ai hâte de me plonger dans les nouvelles maps que nous proposera ce troisième épisode. Un bémol cependant : sur PC, le jeu sera uniquement disponible sur l’Epic Games Store pendant une année… En ce sens, Hitman 3 sera également mon jeu le plus attendu de 2022, puisque je compte attendre qu’il sorte sur Steam… !

Prix « Hors-jeu de l’année » – Muuuusique !

Il y aurait beaucoup à recommander en-dehors du jeu vidéo en 2020. Je pourrais parler du nouvel album du film The New Mutants, de The Gentlemen par Guy Ritchie ; de nombreuses BDs ; ou encore des romans. Mais, bien que je vous recommande tout cela, j’aimerai m’attarder sur ma deuxième passion : la musique ! En commençant par une production suisse. Plus précisément, fribourgeoise.

« Metempsychosis » est un album de post-rock ambiant par le groupe hubris., un quatuor du canton de Fribourg. Il est leur troisième album, et sort trois ans après leur précédent ouvrage, « Apocryphal Gravity ». Niveau sonorité, imaginez du rock planant, avec beaucoup de réverbération, sans parole, et une touche d’électro qui porte le tout. Ce n’est pas un album qui traite de thèmes profonds ou sombres. Au contraire, il virevolte de morceau en morceau avec des mélodies douce, entraînantes, et plutôt joviales. Il suffit d’écouter le premier morceau, « Hepius », pour se rendre compte du potentiel du groupe fribourgeois. Toutes les pistes ne sont pas uniquement ambiantes ; certaines, comme « Dionysus », sont rebondissantes, pleines de dynamismes, et n’hésitent pas à proposer des moments plus percutants. Le tout propose une expérience qui détend, et qui, franchement, fait du bien. La progression est le mot d’ordre, et chaque chanson, chaque mesure, fond l’une dans l’autre de façon sublime, transcendante. On voyage, avec hubris., et c’est ça qui est merveilleux. Un must-have de tout fan de post-rock qui se respecte, et un album accessible à toutes et tous, même les non-initié.e.s.

Un deuxième album qui m’a transporté cette année est « DISCO4 :: PART I », de HEALTH. Le groupe américain de rock industriel expérimental revient, après de leur très bon « VOL4 :: SLAVES OF FEAR », avec la suite de leur série DISCO. Cette fois, au lieu de proposer des remix des pistes qui composaient SLAVES OF FEAR, HEALTH s’allie avec une panoplie variée d’artistes afin de réaliser des chansons originales. On y retrouve le dieu des synthétiseurs Perturbator, le duo d’hyper-pop 100 gecs, le groupe de grindcore Full of Hell ou encore le rappeur JPEGMafia, l’artiste de noise Nolife, et plein d’autres encore. Le résultat est une compilation de pistes à la fois différentes et fidèles au son iconique de HEALTH, industriel, sombre et violent, tout en se permettant quelques morceaux pour respirer. Je tiens à souligner l’excellent « CYBERPUNK 2.0.2.0. », qui ouvre l’album avec ses guitares planantes, ses sons éthérés et son rythme régulier qui bercent les auditeur.ice.s dans une douce trance dystopique. Une œuvre quelque peu pessimiste, comme à l’accoutumée pour le groupe, mais au combien pertinente pour cette année confinée.

Pour finir, j’aimerais recommander le dernier Crystal Lake, « The Voyages ». Le groupe de metalcore japonais signe un réenregistrement de morceaux datant d’avant l’arrivée du chanteur actuel, Ryo Kinoshita. Relativement inaccessible aux non-habitué.e.s, on y retrouve les guitares rythmiques violentes, les leads épiques, les screams iconiques de Ryo, ainsi que la batterie folle-furieuse, éclatant sa pédale à double coups dès que possible. Agressif et sans aucun moment pour respirer, « The Voyages » porte bien son nom, puisqu’il nous transporte dans une épopée en quête de sens et de poursuite de nos rêves. On en ressort le souffle court, en prenant une grande inspiration, pour digérer la déferlante de sons qui nous a traversé. Notamment, la dernière chanson, « Into The Great Beyond » dévoile un final d’anthologie, qui remplit d’énergie et donne envie de franchir tous les obstacles que la vie s’obstine à mettre en-travers de notre route. Encourageant à trouver son propre chemin et le suivre jusqu’au bout peu importe le prix, et ce de façon forte et percutante, il est un des albums qui m’a le plus marqué cette année. À ne pas mettre dans toutes les oreilles, mais définitivement à essayer si l’envie vous prend.

Ante

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