Ape Out

Ape out est un jeu d’action que j’ai découvert gratuitement via une liste de titres gratuits sur l’Epic Game Store. S’inspirant grandement de la licence culte des Hotline Miami, le jeu se démarque en nous proposant d’incarner un gorille ; et pas un de ces gros bras tout sympas qui mangent des bananes dans son coin. Non, le type de primate bien vénère qui défonce tout sur son passage.

Développeur : Gabe Cuzzillo
Distributeur : Devolver Digital
Date de sortie :
28 février 2019
Plateformes : PC (plateforme du test), Nintendo Switch
Genre : Action musicale

Gare au Gorille

Saleté d’humains! Ils nous ont enfermé. Fini de faire le mariole dans cette cage minuscule. On s’échappe! Mais pour ça, on va pas y aller façon infiltration, on est un gros gorille de 200 kg après tout. On va courir tout droit et le premier qui veut nous arrêter, on va le démembrer, le déchiqueter, le cramer ou le jeter du dixième étage.
C’est ainsi en explosant contre un mur le garde surveillant nos barreaux qu’on démarre l’aventure de Ape Out. On s’enfuit alors en quasi ligne droite avec l’aide de seulement deux boutons, un pour envoyer les ennemis valser et un autre pour les prendre et les utiliser comme bouclier humain. Ape Out se démarque de la concurrence car il prend la forme d’une fuite en avant continuelle. Contrairement à un Hotline Miami ou un Katana Zero où on nous demande de bien préparer notre plan d’attaque pour ne laisser aucune âme qui vive, on comprend ici que l’assassinat n’est pas obligatoire et qu’il n’est même pas toujours la meilleure solution. Ainsi, face à une armée de soldats avec bazookas, lances flammes, mitraillettes et fusils à pompe, il est souvent bien préférable d’éviter les balles en comptant par exemple sur le fait qu’on passera derrière un pilier pile au moment du coup de feu. C’est en même temps ce que ferait un animal terrifié comme notre avatar, qui n’a pas le même sadisme qu’un assassin professionnel de Miami. Le choix de caméra vue du dessus est parfaitement adapté à cet esprit de course poursuite car il ne nous montre seulement ce que le gorille peut voir et dénature par la même occasion les expressions des ennemis qui ne sont que des obstacles sur notre chemin.

Le jazz maboule

Ape Out se voit comme une grande improvisation de jazz. A chaque enjambée c’est un rythme qui s’enclenche et à chaque garde éliminé une cymbale qui pète, ce qui nous métamorphose en chef d’orchestre du plus violent des jeux musicaux. Le titre transpire les références au jazz comme le témoigne son unique développeur, Gabe Cuzzillo, qui ne cesse de citer le choc produit par la première écoute de You’ve got to have freedom de Pharoah Sanders. Pour couronner le tout, les quatre niveaux du jeu sont représentés sous forme d’albums à deux disques auquel chaque sous-niveau n’est qu’un des multiples morceaux. Afin d’accentuer le côté improvisation, Gabe Cuzzillo a fait le choix d’implémenter de la génération aléatoire dans chacun de ses tableaux. Il souhaite ainsi que comme sur scène, ses joueurs suivent leur instinct et ne prévoient surtout pas de stratégie à l’avance.

J’ai mal Davis

La bande son se marie également parfaitement avec une patte graphique qui nous explose les rétines avec ses couleurs vibrantes nourries par des effets flashy à ne pas mettre face aux personnes sujettes aux crises d’épilepsie. En prenant des dégâts, on voit peu à peu notre sang dégouliner au sol, nous indiquant qu’au prochain coup ce sera sûrement fini pour nous, et personne ne nous enterrera. Le titre se démarque également par son absence totale d’interface en jeu car tout est si simple et compréhensible que l’œuvre n’en a tout simplement pas besoin. En tout et pour tout, on boucle l’aventure en un peu moins de deux heures et c’est le grand défaut de l’œuvre. On applaudit la star de jazz, on l’appelle, on crie pour qu’elle revienne sur scène faire un rappel, et rien! Elle reste en backstage. Le concert est fini, elle ne reviendra pas.

Je ne vais pas vous mentir, Ape out avait tout pour me séduire en mélangeant des thèmes qui me tiennent à coeur: la protection animale, le jazz, et un jeu vidéo bien énervé. En associant habilement une bande son jazz explosive avec une direction artistique aux calques vibrants, le titre surprend par sa simplicité enfantine et son dynamisme endiablé. Un excellent défouloir pour se changer les idées. On espère quand même que la paix avec les animaux se fera d’une manière plus pacifique.

Pour Contre
+ Bim, bam, boum! C’est jouissif! Seulement deux petites heures. On en veut plus!
+ Une vraie patte artistique qui marque
+ L’impression de faire partie d’une improvisation de jazz.
+ Interface simple pour un jeu d’une simplicité élémentaire avec un gameplay d’une efficacité exemplaire.

Will Pietrak

 

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