Une année en Pixels – 2017

Chaque année, c’est la même rengaine: trop de jeux, pas assez de temps, et plein d’autres trucs à voir et écouter. Commençons d’ailleurs par cela, car il n’y a pas que les jeux vidéo dans la vie. Très belle année en musique d’abord, et surtout en rap, qui s’impose depuis plusieurs années comme le genre le plus populaire en francophonie. Chez nos voisins français, Lomepal nous a livré un album intitulé FLIP incroyablement dense, varié et maîtrisé, qui constitue non seulement un coup de cœur personnel mais également la preuve du passage à un niveau supérieur de l’artiste parisien. De l’autre côté de l’Atlantique, c’est encore une fois Kendrick Lamar qui a mis tout le monde d’accord avec le bien nommé DAMN., qui contient tout de même deux featurings bien nazes avec Rihanna et U2… Mais surtout, le gamin de Compton a réussi à bien s’entourer, réaliser de très bons clips, inévitablement récompensés à plusieurs reprises. En ce qui concerne le cinéma, Ridley Scott s’évertue à sortir des films d’un ennui sidéral sur l’origine de l’Alien, alors que c’est justement ce voile de mystère qui rend son premier film si fascinant.

Mais quid des jeux vidéo ? Comme d’habitude, j’ai peu eu le temps d’essayer les innombrables nouveautés sous lesquelles nous, joueurs et joueuses, croulons. Je ne vais donc résumer mon année qu’à deux jeux, qui m’ont fait vivre deux sentiments contraires: la déception face à l’émerveillement. Il s’agit respectivement de Mass Effect Andromeda et de The Legend of Zelda: Breath of the Wild.

Commençons par ce qui fait mal. Vous le savez peut-être, j’adore la saga Mass Effect. Plus que tout autre jeu, Andromeda était LA sortie que j’attendais, et qui m’a fait pour la première fois depuis bien longtemps, acheter un jeu day one. Malheureusement, malgré un gameplay vraiment surprenant de qualité et qui constitue une évolution que j’accueille volontiers par rapport aux trois épisodes canons, cet opus n’est absolument pas arrivé à m’impliquer dans son histoire, comme sût le faire la trilogie Shepard en son temps jadis ; la faute à une histoire principale potentiellement intéressante mais très timide, et surtout à des choix de dialogues qui n’en sont pas (votre personnage est bien trop lisse, surtout si vous voulez jouer l’*+&%@!?), des quêtes secondaires ridiculement banales et des choix moraux sans aucune conséquence, là où la première trilogie traitait de thèmes sérieux et profonds (choisissez si vous voulez faire un câlin à la maman d’un de vos coéquipiers… « Le génophage Krogan ? Connaît pô »). Un beau gâchis, le jeu portant indubitablement les cicatrices d’un développement chaotique.

Venons-en à la révélation, au messie, l’illumination, le jeu pour lequel les superlatifs me manquent ; évidemment, il n’est nul besoin de le présenter. Cela fait très longtemps qu’un jeu vidéo ne m’avait pas autant bousculé dans mes habitudes de joueur. Même si la plupart des boss ne sont pas aussi intéressants à combattre que dans d’autres jeux de la série, c’est bien la lecture du monde ouvert que nous offre Nintendo qui m’a impressionné. Sur cet aspect, je compare volontiers Breath of the Wild à The Witcher 3, autre excellent jeu, mais dont le monde m’avait semblé artificiellement rempli par des milliers de points d’interrogation (pouvant être des camps de bandits ou des nids de monstres, par exemple), comme si un monde ouvert avait besoin d’un truc à faire derrière chaque arbre ou à chaque coin de rue pour être intéressant. Zelda, en revanche, redonne un goût au « rien »: il se peut, par exemple, que des ruines, qui vous avaient attiré l’œil de loin, soient vides, donc sans intérêt autre que de rendre ce monde, simplement, plus authentique. Ce qui rend la découverte encore plus gratifiante pour le joueur. Une utilisation de l’espace brillante donc, qui pourrait faire l’objet d’un article entier ! Pour illustrer ma pensée, je vais citer les lecteurs du magazine JV, qui ont récompensés les nouvelles aventures de Link par « Le Jean-Vidéo du jeu qui t’a fait regretter le jour où, après quelques pintes au bar, t’as balancé : « Pfff, de toute façon, y en a marre des mondes ouverts, c’est toujours la même chose hein ! On reprend une bière ou quoi ? » »

Il ne me reste plus qu’à nous souhaiter que cette nouvelle année soit encore remplie de ces jeux qui, malgré des qualités bien inégales, font vivre ce beau média, et le font évoluer.

fcbat

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